Grenoble

Informatique

Usharesoft et Fujitsu, premiers pas d'un mariage réussi ?

Par Marie Lyan, le 14 septembre 2017

La jeune pousse grenobloise Usharesoft pourrait bien servir de base géographique au groupe japonais Fujitsu, qui pourrait se renforcer en Europe.

Les équipes du grenoblois Usharesoft et du japonais Fujitsu lors du rapprochement entre les deux entreprises en 2015.
Les équipes du grenoblois Usharesoft et du japonais Fujitsu lors du rapprochement entre les deux entreprises en 2015. — Photo : Usharesoft - Facebook

Le fournisseur de solutions pour le cloud computing Usharesoft est devenu le centre européen de référence du groupe Fujitsu en matière de R&D. « Depuis notre création en 2008, nous avons investi l'équivalent de 100 à 120 années ingénieurs dans de l'innovation », résume Alban Richard, Ceo de Usharesoft. « L'objectif était d'embarquer la technologie dans nos nouveaux services cloud au niveau mondial et d'intégrer plus rapidement les évolutions qui apparaissent sur le marché », souligne Alexis Van, responsable des affaires numériques à la direction technique de Fujitsu France. Il faut dire que le numéro 3 mondial des services dans le domaine de l'IT - qui pèse 40 milliards de dollars de chiffre d'affaires et 160.000 collaborateurs -, nourrit des ambitions claires. « Fujitsu a démarré dans les années 1990 une stratégie d'acquisitions mondiale et se dirige désormais vers des alliances en vue de devenir le numéro 1 dans le traitement des données et de l'intelligence artificielle », résume Yannick Chatelain, professeur spécialisé en anticipation et veille technologique à Grenoble Ecole de Management (GEM).

Une logique de co-création

Depuis quelques mois, Fujitsu souhaite renforcer sa présence en France, où il n'a pas encore procédé à de gros rachats, comme en Angleterre ou en Allemagne. Le groupe a annoncé qu'il investirait 50 millions d'euros sur 5 ans dans la création de partenariats sur la transformation digitale à travers l'Hexagone, avec le développement de partenariats avec l'Inria et l'Ecole Polytechnique (Université Paris-Saclay). Il avait aussi racheté en 2013 une autre start-up française, Run My Process, pour 16 millions d'euros. « La France accueille un énorme vivier d'entrepreneurs innovants », justifie Alexis Van, qui affirme que le groupe étudie d'autres acquisitions dans le domaine de l'intelligence artificielle. « Nous travaillons avec Bpifrance pour identifier des start-up en vue d'investissements ou de partenariats ». Son critère ? Quelles soient matures et prêtes à être intégrées. «Les partenariats permettent d'aller plus vite qu'une acquisition et font aussi partie du soft power », note Yannick Chatelain.

Des synergies à Grenoble

De son côté, Usharesoft récolte déjà les avantages de ce rapprochement. Sa technologie a été intégrée dans sept produits offerts par le groupe Fujitsu. « Nous pouvons nous appuyer sur le réseau de vendeurs Fujitsu, présents dans une quarantaine de pays. Nous avons aussi pu prendre des briques conçues ailleurs pour accélérer nos développements», précise Alban Richard. Conséquence : tous ses marchés sont en croissance, avec un doublement du chiffre d'affaire en 2016 (montant : NC). « Nous pourrions d'ailleurs racheter d'autres sociétés pour compléter notre offre », glisse Alban Richard, notamment sur la scène grenobloise. Usharesoft prévoit de doubler la taille de ses équipes pour atteindre 50 personnes d'ici fin 2018. Avec, à la clé, un agrandissement de ses locaux à Bouchayer-Viallet à compter de l'an prochain.

Les équipes du grenoblois Usharesoft et du japonais Fujitsu lors du rapprochement entre les deux entreprises en 2015.
Les équipes du grenoblois Usharesoft et du japonais Fujitsu lors du rapprochement entre les deux entreprises en 2015. — Photo : Usharesoft - Facebook

Poursuivez votre lecture

-30% sur l’offre premium

Abonnez-vous Recevez le magazine imprimé
tous les mois

Voir les offres d'abonnement

Newsletter

Recevez chaque vendredi le Débrief, l'essentiel de l'actualité économique de votre région.