Informatique

Le Sud-Coréen Naver croque le centre de R&D de Xerox

Par Marie Lyan, le 22 septembre 2017

Le centre européen de R&D de Xerox passe aux mains du groupe informatique sud-coréen Naver.

Siège de Xerox à New York
Siège de Xerox à New York — Photo : Xerox

Fini le XRCE... Le centre de centre de recherche de Xerox (CA du groupe 2016 : 9,4Mds?) fera place au Naver Labs Europe, à compter du troisième trimestre 2017, après la consultation du comité d'entreprise. « Xerox conservera les droits de propriété intellectuelle et conclura des accords de licence avec Naver », précise un communiqué, tandis que l'ensemble des 90 salariés seront transférés à Naver.

Créé en 1993 au sein d'un château à Meylan, ce centre de R&D s'est spécialisé dans l'intelligence artificielle, l'ethnographie, le traitement du langage naturel, la vision par ordinateur, et l'apprentissage statistique. Des compétences qui pourraient s'avérer clés pour certains marchés du groupe Naver. Sans compter que la France constitue une position de choix pour le groupe sud-coréen, déjà positionné dans les pays asiatiques et qui souhaite aussi opérer dans le futur en Europe. Monica Beltrametti, directrice du centre de recherche européen de Xerox, l'affirme : « Naver investit dans une présence en R&D avec l'objectif de pouvoir ensuite fournir des services sur le continent. Avec le centre de Xerox, il va pouvoir acquérir des compétences fortes en intelligence artificielle ».

Une présence renforcée en France

Il s'agit de la première implantation en France du groupe, mais de sa seconde opération capitalistique. L'an dernier, Naver a déjà investi 100 millions d'euros aux côtés de sa filiale japonaise Line au sein de la société d'investissement Koryela, lancée par Fleur Pellerin, qui vise à faire émerger des licornes françaises. Il vient aussi de confirmer son implantation au sein de l'incubateur parisien Station F, impulsé par Xavier Niel. « Naver oeuvre à la fois dans le domaine des moteurs de recherche, du mapping 2D et 3D, des voitures autonomes et de la robotique. L'un des intérêts de cette transaction est aussi de se rapprocher de l'écosystème grenoblois, connu pour avoir des compétences dans la microélectronique, en vue de développer des partenariats », avance Monica Beltrametti.

Une stratégie de recentrage

Si elle affirme qu'aucune suppression d'emploi n'est prévue, la stratégie du centre de Meylan devra peu à peu migrer du B to B vers le B to C. « En fonction des projets, il faudra déterminer s'il faut embaucher. On devra certainement renforcer nos méthodes de prototyping et d'expérience utilisateur car ce sont deux domaines clés pour une société comme Naver qui possède des millions d'utilisateurs ». Monica Beltrametti rappelle que le groupe n'est pas fermé à des acquisitions ou prises de participations dans d'autres sociétés. « Naver a déjà pris une participation dans le spécialiste français du son haut de gamme, Devialet ».

De son côté, Xerox avait annoncé il y a quelques mois sa volonté de se recentrer sur ses activités historiques d'impression. Depuis le rachat de l'américain Affiliated Computer Service (ACS) en 2010, le groupe a entamé un virage de taille, puisque 56 % du chiffre d'affaires de la société sont désormais générés par les services. En 2014, Xerox a cédé sa branche informatique au groupe Atos pour 855 M?, tout en signant un partenariat lui permettant de rester l'un de ses plus importants fournisseurs. Cette stratégie devrait être renforcée par l'arrivée en février dernier de l'ex-vice-président de Cisco, Sean Gallagher, à la tête de Xerox France, en vue de piloter le développement de l'externalisation des processus documentaires et l'élargissement du segment des petites et moyennes entreprises (PME). Xerox poursuivra néanmoins ses activités de R&D sur son site basé dans la Silicon Valley (le Palo Alto Research Center), ainsi qu'au Canada.

Siège de Xerox à New York
Siège de Xerox à New York — Photo : Xerox

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