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Ex-futur géant de la communication, Vertical se brûle les ailes

Par Déborah Berthier, le 25 janvier 2024

Après une forte croissance, à coups de rachats ces trois dernières années, le groupe de communication Vertical a été placé en redressement judiciaire fin 2023. Ses filiales, dont trois lyonnaises, ont pour la plupart trouvé repreneurs. L’avenir de Vertical Square est quant à lui encore en suspens.

Yann Rambaud, dirigeant du groupe Vertical
Yann Rambaud, dirigeant du groupe Vertical — Photo : Vertical

C’est une ascension stoppée en plein vol. Après avoir racheté une flopée d’agences en France et en Belgique ces trois dernières années — Studio B52, Seppa, Kréalid, Nouveau Monde, Hungry Minds, pour n’en citer que quelques-unes - le groupe Vertical, qui nourrissait l’ambition de devenir l’un des leaders du secteur de la communication en France, a vu la quasi-totalité de ses agences placées en redressement judiciaire fin 2023. Y compris Vertical Square, agence à l’origine du groupe, fondée en 2018 par Yann Rambaud, aujourd’hui à la tête de ce petit empire de la communication (qui n’a pas répondu à nos sollicitations).

Une croissance trop rapide ?

En cinq ans, le groupe a grandi à vitesse grand V, rassemblant mi 2023, 20 agences pluridisciplinaires pour 300 collaborateurs, avec un chiffre d’affaires prévisionnel de 44 millions d’euros pour 2023, contre 30 millions d’euros en 2022. Ce qui devait lui permettre de devenir "l’un des 50 premiers groupes de communication en France". L’entreprise prévoyait même un déploiement à l’international "dès 2023" avec une priorité donnée à l''Europe du Nord et tablait sur un chiffre d’affaires de 150 millions d’euros à l’horizon 2027.

En coulisses, sous couvert d’anonymat, d’anciens salariés et des acteurs de l’écosystème évoquent une croissance trop rapide, un manque de synergie entre les différentes entités, issues de divers métiers de la communication, avec des implantations dans un trop grand nombre de territoires en France, pour expliquer la soudaine chute de Vertical. Ou encore une expérience insuffisante dans le métier pour construire un nouveau modèle qui se voulait "global".

"Lorsque nous avons décidé de vendre notre groupe à Vertical, il y a trois ans, il s’agissait d’un très beau projet, celui de rejoindre des agences pluridisciplinaires dans toute la France, témoigne Jessica Mas, qui vient de reprendre l’agence Comadequat dans laquelle elle était salariée avant son intégration au groupe Vertical. Cet été, lorsque l’agence de Villefranche-sur-Saône a été placée en liquidation judiciaire, on a commencé à se dire qu’il y avait peut-être un problème".

Trois agences lyonnaises ont déjà rebondi

Dans sa chute, le groupe a entraîné d’autres agences, pourtant rentables, dont trois à Lyon : Comadequat, Nouveau Monde et Les Gens & Vous. Des entités qui ont toutes trois su rebondir, puisque Comadequat (12 salariés), a donc été repris par Jessica Mas et Nathalie Pradines, deux anciennes de l’agence, qui retrouve ainsi son indépendance. Tout comme Le Gens & vous, qui est reprise par son ancien dirigeant Hervé Devineau et d’anciens salariés. Quant à Nouveau Monde (50 salariés, 4,50 M€ de marge brute), elle a rejoint le groupe de communication lyonnais Ceetadel (200 salariés, 18 M€ de marge brute). "Nous cherchions justement à nous renforcer sur le volet création, explique Julien Monet, président de Ceetadel. Nous étions d’ailleurs candidat, en janvier 2023, au rachat de Nouveau Monde, qui a préféré rejoindre Vertical", glisse-t-il.

La plupart des autres entités du groupe Vertical ont trouvé repreneurs. Certaines, comme BB Com, installée à Nancy, ou la lyonnaise Joséphine Production ont finalement été placées en liquidation judiciaire. Quant à Vertical Square, elle a été placée en observation pour six mois.

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