Web : Quels modèles pour les sites d'information?
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Web : Quels modèles pour les sites d'information?

Médias Comment faire vivre un média d'information web à Marseille? La Provence, marsactu, Mlactu...: les avis - et les modèles économiques - se confrontent.

«Le nouveau paysage numérique à Marseille»: tel était le thème du débat organisé le mois dernier par le Cercle des médias et de la communication Marseille Méditerranée. L'occasion pour les acteurs locaux de l'information web de confronter leurs visions et leurs modèles économiques. Un sujet sur lequel Pierre Boucaud, directeur du site marsactu.fr, joue volontiers les poils à gratter, en s'opposant à la presse régionale historique, imprimée sur rotatives. «Le numérique est une révolution pour la presse, car il permet de créer un média avec un faible ticket d'entrée financier et réglementaire, se réjouit-il. En théorie, tout le monde peut se lancer».




Une révolution

Cette nouvelle donne, Jean-François Eyraud, directeur des nouveaux médias du groupe La Provence, ne la nie pas: «C'est une révolution des usages et des besoins, résume-t-il. Le paysage médiatique figé sur des situations de monopole n'existe plus. Chacun doit se réorienter. Pour laprovence.com, les sites comme marsactu constituent à la fois un aiguillon stimulant et une concurrence réelle, car nous chassons sur le même territoire. Il est d'ailleurs parfois difficile d'être compétitifs, pour nous qui sommes généralistes et régionaux, face à des pure-players (médias web non adossés à des supports papier, Ndlr) qui sont souvent à la fois très spécialisés et très localisés». Côté stratégie concurrentielle, chacun y va de son diagnostic et de sa recette. Pour Jean-François Eyraud, l'enjeu est vital: «La Provence ne restera leader dans la région que si elle est capable d'être leader sur le numérique. Les places ne sont jamais acquises. La concurrence est là, et il faut s'en réjouir. Tant mieux, et que le meilleur gagne». Sur ce point, les pure-players s'annoncent plus nuancés. Pour Dimitri Moulins, cofondateur de Mlactu, tout nouveau site d'information couvrant la zone Montpellier-Marseille, «nous ne sommes pas là pour exister à la place des autres, mais pour exister également. Nous ne nous voyons pas dans une concurrence, mais plutôt dans une complémentarité».




Information payante ou nouveaux services?

Un avis partagé par Pierre Boucaud: «Faire de l'audience, sur le web, c'est facile. Mais la course à l'audience n'a strictement aucun intérêt. Car ce n'est pas l'audience qui fait le marché publicitaire. Il faut un ton, des articles originaux. À Marseille, la concurrence est terrible. Il faut à tout prix se distinguer». Pour le fondateur de marsactu, le diagnostic est clair: «Le modèle économique des médias traditionnels appliqué au web, ça ne marchera pas. Tous les sites d'information perdent de l'argent. Il va falloir, d'une façon ou d'une autre, que l'information se paye...» Du côté de La Provence, si on admet que «les modèles purement publicitaires sont désormais très challengés», on imagine «inventer des contenus de niches et des services ciblés». Et Pierre Boucaud de conclure: «Ce qui est à la fois effrayant et fascinant, dans ce métier, c'est qu'il n'y a pas de modèle...»

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