VVC : «Nous sommes les heureux de la délocalisation»
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VVC : «Nous sommes les heureux de la délocalisation»

L'enjeu Depuis sa reprise en 1989, la société de vente de machines textiles mise sur le contrôle-qualité, la métrologie et le conseil. Mutation réussie sur un marché tendu.

Fondée à Lille en 1930, la société Verson Vlies & Coursier (VVC), était réputée pour ses machines textiles. La crise du secteur l'a obligé à repenser sa stratégie. Reprise en 1989 par Vincent Gurdal, l'entreprise s'est tournée vers les équipements de laboratoire et la métrologie. Sur sa carte de visite figure toujours la mention «machines textiles», mais elles ont pris une autre dimension axée sur la qualité. «Comme les machines ne se vendaient plus, nous nous sommes mis à vendre les accessoires et consommables pour le textile», explique le repreneur belge de 51ans, ingénieur électricien de formation.




Des niches: du luxe aux jouets

En 1999, il a pris le virage du contrôle-qualité pour toucher les industriels restants, mais aussi des importateurs, des laboratoires et donneurs d'ordre des secteurs du luxe (Louis-Vuitton, Chanel) et de la grande distribution notamment. Pour les services douaniers de Villeneuve-d'Ascq, il a fourni une machine de test au feu pour contrôler des jouets. Pour Renault, VVC développe une nouvelle version du Sensotact, marque déposée par le constructeur pour son référentiel tactile de revêtements. «Ce contrat exclusif va nous permettre de sortir du textile, indique Vincent Gurdal. Nous avons des niches, comme la lingerie, et ces clients nous permettent de faire de l'export.» Depuis trois ans, sa part à l'international grimpe. Elle atteint aujourd'hui 20% et pourrait même monter jusqu'à 30%. Dans son portefeuille de clients, VVC compte aussi des grands noms régionaux du textile-habillement comme Kiabi ou Décathlon à qui il fournit les équipements de test pour leurs usines européennes ou asiatiques. «Nous sommes les heureux de la délocalisation, car nous avons su nous adapter», sourit Vincent Gurdal à qui le groupe Beaumanoir vient d'acheter son premier outil.




Un million investi à Linselles

VVC est le distributeur exclusif des marques britannique James-Heal (appareils de test habillement), suisse Textest (textiles techniques comme les membranes Goretex) et, depuis 2003, du groupe portugais Pegasil (tests sur cuirs), de l'allemand Textechno (fibres et fils) et de l'américain X-Rite (gestion de la couleur). «Nous réalisons des tests physiques, pas chimiques. Nous misons beaucoup sur la mise au point plus rapide des couleurs et l'envoi dématérialisé d'échantillons», précise l'entrepreneur nordiste, qui s'est établi à Linselles où il a investi 940.000euros en 2009 dans un «bâtiment vitrine» sur la zone d'activités des Wattines. Cette année-là, il a ouvert son département de métrologie, en recrutant le métrologue de l'IFTH. Cette offre représente aujourd'hui 15% de son chiffre d'affaires, qui a retrouvé son niveau de 2008 et l'équilibre, et devrait grimper à 2,5M€ en 2014 avec 12salariés. Vincent Gurdal a ainsi revu toute sa stratégie avec l'aide du cabinet roubaisien Guilbert & Associés. «La crise a permis d'enrichir notre offre», conclut-il.



Géry Bertrande

Verson Vlies Courcier
(Linselles) Gérant: Vincent Gurdal 8salariés CA2012 (au 31/03): 1,8M€ 0320465966 www.vvc.fr

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