Toutes les girafes Sophie, jeu d'éveil créé en 1961 et vendu dans 59 pays, sortent de l'usine de la société Vulli basée à Rumilly, en Haute-Savoie. La machine qui la produit fonctionne depuis plus d'un demi-siècle grâce à un procédé dit de rotomoulage. Mais, avec le temps, certaines pièces et automatismes se sont abîmés. Vulli a donc décidé de choyer sa précieuse machine. « Nos principaux objectifs en lançant un appel d'offres pour la rénovation de notre machine étaient d'améliorer la qualité de la girafe en rendant la rotomouleuse plus performante, raconte le directeur général Serge Jacquemier. Grâce à une meilleure rotation, nous espérons augmenter notre production de 6 %. » La machine pourrait à l'avenir fabriquer 32.000 girafes chaque jour, ce qui permettrait à Vulli de répondre aux exigences du marché mondial. Car si le marché français stagne (800.000 ventes par an pour 790.000 naissances), les ventes mondiales augmentent, principalement en Chine et en Russie. La modernisation de la machine devrait aussi permettre à l'entreprise de réaliser, grâce à une meilleure isolation des fours, des économies sur la consommation de gaz et de diminuer sa consommation de moules (qui sont aussi fabriqués à Rumilly par Vulli). « Aujourd'hui, nos moules qui contiennent chacun dix empreintes, ont une durée de vie d'un mois et demi environ, explique le directeur de Vulli. Nous pourrions à l'avenir les utiliser dix jours de plus. Toutefois, ces bénéfices attendus ne seront vérifiables qu'avec le temps. »
Arrêt total de la production
Concrètement, l'opération de maintenance nécessitait l'arrêt total de la machine. « Nous avions anticipé deux mois de production car, en cas de travaux, nous ne sommes jamais sûrs de la date de fin », précise Serge Jacquemier. Mais Vulli, vu les enjeux économiques engagés, a été très exigeant sur les délais : pas plus de quatre semaines. L'entreprise qui a remporté l'appel d'offres, Savoie Transmissions (13 personnes ; CA : 3,5 M€ ; Chavanod), a finalement eu besoin de trois semaines et de quatre personnes, soit plus de 700 heures cumulées de travail, pour répondre au cahier des charges. « Nous nous sommes rendus plusieurs fois sur le site en repérage, décrit Jean-Paul Ott, président de Savoie Transmissions. Nous avons dû faire un travail très important de préparation, de planification et de coordination. Grâce à cela, nous avons été efficaces et avons tenu les délais imposés, ce qui était pour nous le principal challenge. » « Nous sommes très contents de leur travail et donc de notre choix, confie Serge Jacquemier. Le fait que la société retenue pour cette opération soit de la région ne faisait pas partie de nos principaux critères mais nous sommes finalement ravis d'avoir à proximité une entreprise qui sait faire de la maintenance et qui est performante. » Savoie Transmission semble également enchantée de sa collaboration avec la société de renom qu'est Vulli et du coup de jeune qu'elle a pu apporter à la machine qui fabrique l'un des jouets les plus connus au monde. « C'était vraiment un gros travail et un joli défi, se réjouit Jean-Paul Ott. Grâce à cette intervention "médiatique", Savoie Transmissions a montré qu'elle n'était pas qu'une société de négoce de produits techniques. Cette activité reste notre activité première et principale mais nous souhaitons aussi proposer un service après-vente. Ces opérations de maintenance sont aujourd'hui à mes yeux une voie intéressante de développement. » Ces travaux ont-ils aussi permis au fabricant français de modifier la composition de sa girafe, qui a fait polémique par le passé ? « Pas du tout, affirme avec force Serge Jacquemier. Nous sommes sûrs de la sécurité de notre produit et de la qualité de notre matière première. Nous sélectionnons notre caoutchouc en Malaisie. Pour nous, Sophie la girafe est un produit exceptionnel que nous ne souhaitons en aucun cas modifier. »
Vulli
(Rumilly) DG : Serge Jacquemier 110 employés CA : 22 M€ 04 50 01 06 20 www.vulli.fr