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Viviane Morelle sait prendre de la hauteur
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Viviane Morelle sait prendre de la hauteur

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De sa passion pour la montgolfière, de ses titres de championne de France et du monde de la discipline, Viviane Morelle n'a pas fait son métier. Elle s'en est néanmoins nourrie et ne cesse d'en alimenter son métier de coach d'équipe via son entreprise, Osan We, basée près de Nice.

Viviane Morelle pratique la montgolfière depuis son enfance. Elle est même devenue championne de France et championne du monde de la discipline — Photo : DR

Elle est "tombée dedans" à 11 ans. Viviane Morelle vit alors loin de la Côte d’Azur, en Picardie, et loin encore de son futur titre de championne du monde. Le père de son meilleur ami vient de devenir pilote de montgolfière. "Quand il propose à mes parents de participer à l’achat d’une montgolfière, ils sont enthousiastes et mettent 10 000 francs (l’équivalent d’un peu moins de 3 000 euros aujourd’hui, NDLR). J’ai ce terreau familial qui m’a permis d’aimer explorer de nouvelles choses, explique-t-elle trente-six ans plus tard. Et explorer, dans mon métier, c’est aussi ce que je propose." Viviane Morelle est à la tête d’Osan We, le réseau d’une quinzaine d'experts en facilitation et coaching d’équipe qu’elle a fondé à Saint-Laurent-du-Var près de Nice.

Un rêve d’orthodontie

Au-dessus des champs picards, elle vole les week-ends, quand la météo l’y autorise, et pendant les vacances scolaires. À 17 ans, "naturellement, mon père et moi nous sommes lancés dans une formation de pilote. Il n’a pas pu la terminer, il a été victime d’un AVC et est handicapé depuis." L’enjeu devient plus fort encore : la jeune fille veut aller au bout pour deux. Après une formation de 12 heures, une ascension à plus de 1 000 mètres et deux vols en solo, elle devient officiellement pilote à 19 ans à peine.

Prendre de la hauteur au sens propre comme au figuré, c'est ce que Viviane Morelle en pratiquant la montgolfière et en organisant des team building et séminaires autour de cette disicpline — Photo : DR

Pour autant, sa passion ne deviendra pas sa voie professionnelle. Elle assure ne l’avoir même jamais considéré. "Mon rêve était de redonner le sourire aux gens en devenant orthodontiste. Je me suis inscrite en médecine mais n’ai pas réussi la première année. Je suis partie en école d’ingénieur pour faire un diplôme de biologie au départ et petit à petit, je me suis orientée sur cette filière transverse de coordination de projets et me suis retrouvée avec ce diplôme d’ingénieur en management de projets innovants."

Elle participe à un projet de transformation des process financiers de Bouygues Construction. "J’ai vraiment mis en œuvre tout mon savoir sur la gestion de projets au service d’une équipe de 125 personnes et c’est là où j’ai compris que mon truc, c’était la coordination d’acteurs."

Apprendre à communiquer

Elle créera donc Osan We, un nom trouvé par sa sœur. "C’est le langage par la pensée chez les elfes de Tolkien, décode-t-elle. C’est ce langage qui va permettre de se connecter, de communiquer, si on entre en connexion avec l’autre. Encore faut-il que l’autre soit prêt à recevoir un message. Il y a vraiment cette idée de pouvoir être plusieurs et d’apprendre à s’entendre et à communiquer."

Viviane Morelle est en mission chez Air France, EDF ou Enedis, dans des collectivités, au Crédit Agricole, chez Accenture, Capgemini ou Thales. Elle aide au déploiement de nouvelles méthodologies de travail pour plus de co-construction et un management plus collaboratif, elle organise des formations, des séminaires, anime des ateliers. Elle est coach d’équipe et coach agile, elle utilise la facilitation graphique, dans le bâtiment, la pharmaceutique, le nucléaire ou l’aéronautique. Il s’agit "d’utiliser le visuel pour co-construire en intelligence collective". "Combien de salariés aujourd’hui sont désengagés ? On hurle à tout le monde qu’on va mettre de la QVT (qualité de vie au travail, NDLR), on crée des chief happiness officer (responsable du bonheur, NDLR)… mais on ne change pas les modes de collaboration. On peut commencer par les temps de réunion afin qu’ils soient plus engageants".

Vivane Morelle est "facilitatrice visuelle" et coach d'équipe — Photo : OsanWe

Des "petits dessins" efficaces

Et les sujets sont nombreux à pouvoir être traités sous ce prisme de la facilitation qui, s’il semble nouveau et à la mode chez nous, fait ses preuves depuis les années 1970 aux États-Unis. Le but est de faire avancer le collectif, notamment en cartographiant des enjeux ou des problématiques souvent difficiles à expliciter, et les rendre compréhensibles.

"Pendant six mois, nous avons accompagné la création de la filière économique du vélo en France. Un vaste chantier, un Copil de 15 personnes, toutes plus capées les unes que les autres dans le domaine… pas évident de les faire collaborer. Et pourtant, on est arrivé avec nos petits dessins qui leur ont permis d’exprimer quel rôle chacun voulait jouer. Si vous faites un tour de table dans une salle en U, vous aurez élément de langage sur élément de langage. C’est beaucoup de bon sens. On oublie que, depuis les temps anciens, tout est passé par le visuel. Avec cette métaphore de la montgolfière qui fait partie de moi j’aide les équipes à prendre de la hauteur."

La fondatrice d'Osan We explique en conférence les valeurs de la montgolfière, métaphore parfaite de l'objectif à atteindre en équipe — Photo : DR

La boucle est bouclée

"Prendre la hauteur", le parallèle peut sembler trop gros pour être vrai et pourtant. La montgolfière est avant tout un travail d’équipe. Un pilote seul ne peut pas faire grand-chose. Viviane Morelle le démontre simplement en organisant désormais du coaching, individuel ou en équipe, ou encore des team building autour de la montgolfière et ce besoin de collaboration. "Aujourd’hui, je vois tellement le lien entre tout. Je redonne le sourire aux gens, pas en tant qu’orthodontiste, mais en montgolfière ou quand je leur donne de nouvelles clés dans leur travail."

Des titres à défendre

Son emménagement à Nice l’avait privé de sa passion pendant dix ans. "Dans les Alpes-Maritimes, ce n’est pas possible de voler, il n’y a pas la place, c’est mon grand malheur !" Elle finira par retourner se frotter aux nuages et aux oiseaux en 2019, notamment l’été, comme navigatrice. En 2021, elle devient championne de France et championne du monde en équipe en 2022. L’année suivante, elle accompagne l’équipe de France junior. "Une belle expérience mais là encore, il fallait gérer le facteur humain, la nervosité, la fatigue qui s’accumule au fil des jours et des épreuves…". L’an dernier, elle est vice-championne du monde 2024.

En septembre 2024, à Szeged en Hongrie, la France a terminé à la deuxième place au championnat du monde de montgolfière — Photo : Olivia Oreggia

Son vol de rêve ? "En Afrique au-dessus des réserves d’animaux. Faire la traversée des Alpes à 3 500 mètres d’altitude peut être incroyable aussi. C’est faisable, il faut que je passe le cap un jour. Mais en attendant, je ne fais rien pour que cela se fasse, je crois que j’ai envie de garder l’idée du rêve."

En août prochain, c’est en Autriche qu’elle sera pour aider à défendre le titre de la France aux championnats d’Europe. "Mais je resterai au sol. J’aiderai à la cohésion d’équipe, pour la logistique. Cela a du sens."

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