L’imprimerie Pierotti s’appelle désormais Imprimerie Pierotti & Léger. Et cela n’a rien d’anecdotique. Ce changement marque en effet un tout nouveau chapitre de l’entreprise niçoise, incarné par Viviane Léger.
Deux ans de travail
Arrivée dans l’entreprise en 2016, sans la ferme intention d’y faire carrière, la voici à 33 ans, directrice générale. Elle prend ainsi la suite de ses parents qui avaient eux-mêmes pris la suite de son grand-père. "Pierrotti est le nom des fondateurs, explique-t-elle. Quand mes grands-parents ont racheté l’imprimerie en 1964, ils ont conservé le nom car il avait une certaine autorité, il était connu dans la région. Aujourd’hui, nous pouvons davantage représenter l’entreprise telle qu’elle est, son héritage et ses valeurs. Et un nouvel élan." Un nouveau souffle et une transmission auxquels travaillent Viviane Léger et ses parents, Marie-Paule et Marc, toujours présents à ses côtés, depuis deux ans.
360 000 euros investis dans de nouvelles machines
L’entreprise familiale est spécialiste des étiquettes adhésives, notices pharmaceutiques et enveloppes imprimées. Elle compte parmi ses clients le laboratoire de santé vétérinaire Virbac, l’expert des compléments alimentaires Arkopharma, la confiserie Florian, la Maison du Citron, le Département des Alpes-Maritimes ou encore la Ville de Nice.
Pour allonger encore cette liste non exhaustive, Pierotti & Léger (CA 2024 : 2,9 M€) vient d’investir 360 000 euros afin de se doter de trois nouvelles machines "ouvrant le champ des possibles". Une première qui permet d’imprimer enveloppes à bulles et à soufflet. "Le numérique nous permet de travailler de petites quantités, précise Viviane Léger. De manière générale, on observe une forte baisse des volumes par commande. On peut ensuite multiplier le nombre de commandes dans l’année et pour des refabrications, ce matériel est plus adapté.
La deuxième, une machine d’impression feuille à feuille, était attendue "avec impatience. Elle nous permet d’imprimer à la fois des notices et des boîtes, mais aussi ce que nous ne nous permettions pas jusque-là, comme des affiches ou des brochures en petites séries qui peuvent sortir directement agrafées de la machine."
De même, la nouvelle machine d’ennoblissement permet de la dorure à chaud, du vernis relief ou du gaufrage, pour des finitions plus raffinées encore. "Cela nous ouvre tout un champ de possibles", s’enthousiasme la jeune dirigeante. Cela a d’ailleurs déjà commencé avec des agences de communication qui font désormais appel à l’imprimerie plus que centenaire.
Être plus attractif
Une nouvelle proposition de valeur qui a de quoi séduire au-delà de prospects ou de clients. Viviane Léger pense à sa marque employeur et à ses recrutements à venir. Elle en prévoit trois cette année (pour une équipe de 20 collaborateurs à ce jour). "Les presses numériques sont à la fois plus attrayantes et plus accessibles pour les jeunes. Dans les Alpes-Maritimes, une seule école forme aux métiers de l’imprimerie, à Nice. Recruter des jeunes est donc assez compliqué."
Attirer passe aussi par de la communication, ce qui n’était pas jusqu’alors dans la culture de la maison. "Le credo de mes grands-parents est plutôt "vivons heureux, vivons cachés", mes parents sont aussi d’une nature discrète mais je pense qu’on perd à ne pas nous faire connaître. J’essaie de nous ouvrir un peu, sur les réseaux sociaux notamment. Maintenant que je prends les rênes, je me donne la possibilité de le faire." Tout comme de "fluidifier les process", avoir un "management horizontal" plus que vertical ou encore faire monter en compétences les collaborateurs. Ou comment, en somme, imprimer sa marque de dirigeante.