C’est avec "beaucoup d’enthousiasme et de sérénité" que Virbac a entamé 2025, selon les mots de Habib Ramdani, directeur des affaires financières du groupe, qui en assure la direction générale par intérim depuis le départ de Sébastien Huron fin septembre 2024.
Le laboratoire vétérinaire azuréen a clôturé 2024 à 1,397 milliard d’euros de chiffre d’affaires, soit une hausse de 13,6 % à taux de change constant, alimentée à la fois par sa croissance organique (+7,5 %) et sa croissance externe (+6,1 %), en particulier le rachat du japonais Sasaeah. Une politique d’acquisition que Virbac entend d’ailleurs poursuivre, rappelant qu’il a "les moyens de ses ambitions".
"Notre rentabilité opérationnelle a également atteint en 2024 un niveau historique de 16,6 % du chiffre d’affaires, reprend le dirigeant. C’est une performance d’autant plus remarquable que l’on continue d’évoluer dans un contexte inflationniste, en particulier sur la masse salariale." Le groupe azuréen compte 6 400 collaborateurs dans le monde, soit 16 % de plus qu’en 2023.
"Transformation industrielle"
Virbac prévoit "une croissance solide" de son chiffre d’affaires sur l’année 2025, entre 4 et 6 % à périmètre constant, ainsi qu’un niveau de trésorerie autour de 80 millions d’euros, soit "dans les mêmes ordres de grandeur qu’en 2024 où nous avons généré autour de 90 millions d’euros".
Poursuivant son "programme ambitieux de transformation industrielle", le groupe a annoncé une série d’investissements sur son site de Carros, en plus de ceux prévus dans le Gard pour bâtir une usine d’aliments pour animaux.
Dans son fief des Alpes-Maritimes, Virbac "prévoit entre 200 et 300 millions d’euros d’investissements dans les années à venir", précise Habib Ramdani. Cela englobe "la construction d’un site de production de vaccins chiens-chats, celle d’un centre de logistique, dont les travaux qui devraient démarrer dans les prochains mois, ainsi que la construction d’un nouveau siège. "Des investissements de Capex qui nous permettront d’ajouter des volumes, mais aussi de gérer l’obsolescence de certains de nos sites et de gagner en profitabilité en productivité."
Une production made in USA
Le plan de développement du groupe ne saurait être contrarié par l’actualité géopolitique, notamment par l’augmentation des droits de douane dont Donald Trump menace l’Europe. "Cela fait plusieurs années que nous avons des croissances à deux chiffres aux États-Unis. Notre objectif est de continuer à croître ainsi. Nous regardons également une manière d’accélérer les choses par des acquisitions, explique le dirigeant. Globalement, nous avons une configuration de répartition de notre activité qui est plutôt favorable : nous produisons beaucoup localement, dans de nombreux pays, pour les marchés locaux. Ainsi, 80 % de notre chiffre d’affaires américain est fait avec des produits fabriqués aux États-Unis."
Une force donc si Virbac se retrouvait au milieu d’une éventuelle guerre commerciale. Les États-Unis sont le marché numéro un au monde de la nourriture pour animaux (petfood) et de la santé animale.