Pourra-t-on parler d’un service de navettes TGV entre Paris et Bordeaux en 2017? Pour Liséa, société concessionnaire de la LGV Tours-Bordeaux, la réponse est non. C’est tout du moins l’avis formulé après que Jean Auroux, médiateur nommé par la SNCF, ait proposé de mettre en service 13,5 trains directs par jour et par sens lors du lancement de la LGV, à l’été 2017. « La qualité de service de cette ligne dépendra de la mise en place de navettes, explique Laurent Cavrois, président de Lisea. Or le compte n’y est pas au regard de se qui se pratique dans les métropoles comme Lyon (22 trains), Lille (21) ou Nantes (18). Le transport est un industrie de l’offre : il faut mettre des trains pour attirer des voyageurs. En réduisant le nombre de trains, on ne pourra pas payer cette ligne, qui a tout de même un coût ». L’enjeu est de taille pour le concessionnaire, qui a investi 3,8 milliards dans le chantier (sur 7,8 Md€) et doit se rembourser avec les droits de péage.
De 2h05 à 3h10
Jean Auroux propose 22,5 A/R quotidiens, dont 13,5 sans arrêts. Inacceptable pour Lisea, qui rappelle que les trains avec arrêts mettront 2h38 ou 3h10 pour relier Paris à Bordeaux. « Dans les 4 trains qui desserviront Libourne, et qui mettront plus de 3h de bout en bout, il n’y aura aucun Bordelais », déclare Laurent Cavrois.
Mise en place de TGV duplex
Pour satisfaire la demande importante sur les trains directs, SNCF envisage d’investir dans des trains duplex, qui transportent 550 passagers par rame, soit 20% de plus qu’actuellement. « On n’a pas besoin de gros porteurs sur une navette, mais de plus de trains », répond Laurent Cavrois. Celui-ci souhaite rouvrir les négociations avec tous les acteurs du dossier : « Les élus ne sont pas satisfaits de la proposition actuelle ». Le temps est compté : SNCF Réseau fixera cet été le programme des trains qui circuleront à l’été 2017.
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