Pour accompagner les entreprises françaises du numérique à rendre visible leurs solutions, l’association Origine France Garantie lance la certification "Origine France Numérique". "Nous nous sommes aperçus que le sujet de la souveraineté numérique était le plus important du moment", affirme Gilles Attaf, président de l’association.
Cette certification va permettre de "montrer qu’il existe des entreprises en capacité de proposer des solutions souveraines" face aux outils étrangers et notamment américains.
Un levier économique
Selon Gilles Attaf, ce sujet est même une "urgence absolue" notamment dans un contexte géopolitique tendu avec les États-Unis. L’enjeu est aussi économique. "Environ 260 milliards d’euros de flux financiers quittent l’Europe chaque année pour les États-Unis pour des services numériques, dont 70 milliards d’euros proviennent de France", affirme le président de l’association.
Plusieurs critères pour être certifié
Le cahier des charges de la certification, en cours de finalisation avec Veritas et des entreprises pilote, s’articule autour de plusieurs critères. Les activités clés de l’entreprise devront être en France comme l’hébergement de données et la chaîne décisionnaire. L’entreprise devra aussi assurer la protection des données selon le RGPD et garantir la sécurité des systèmes d’information.
La propriété intellectuelle des produits devra aussi être en France, tout comme les investissements en recherche et développement ou encore la masse salariale. Autre critère central : 60% de la valeur ajoutée devra être acquise en France.
Des entreprises déjà investies
L’association Origine France Garantie travaille déjà avec des entreprises, également impliquées dans la définition du cahier des charges. Il s’agit d’Alcatel Lucent qui propose une solution baptisée "Rainbow", un concurrent de Microsoft Teams ou encore de Wimi ou de Jamespot, des suites bureautiques. L’entreprise ligérienne spécialisée dans l’automatisation informatique et les solutions d’hébergement des données Clever Cloud en fait aussi partie. "Hors Alcatel, ces entreprises sont principalement des PME et des start-up", fait remarquer Gilles Attaf.
L’association vise un lancement officiel de la certification en juin prochain, le temps d’achever le cahier des charges. Les entreprises devront se faire auditer pour obtenir la certification qui sera valable pour une durée de trois ans.