La société à mission Underdog, née en 2022 à Nantes et spécialiste du gros électroménager reconditionné, a finalisé une levée de fonds de 7 millions d’euros. Les investisseurs historiques (Daphni, Sistafund, Tivoli et Founders Future) sont rejoints par deux nouveaux acteurs, parmi lesquels BNP Paribas et Serena, à travers son fonds européen InnovAllianz III.
À la faveur de ce tour de table, Mathieu Maure, présent dans l’entreprise depuis sa création et actuel directeur marketing, investit au capital et intègre la direction générale aux côtés des trois cofondatrices : Claire Bretton, Laura Chavigny et Léa de Fierkowsky. Ces dernières restent actionnaires majoritaires à l’issue de l’opération, qui fait suite à une première levée de fonds d’un montant de 3,8 millions d’euros menée à bien en 2023.
"Nous avons choisi des fonds qui ont compris aussi bien notre engagement en faveur de l’économie circulaire et locale, que nos problématiques industrielles, à savoir sourcer plus de produits défectueux et organiser la montée en puissance de nos process de reconditionnement", expose Claire Bretton.
Doublement des capacités du site nantais
Grâce à cette levée de fonds, Underdog prévoit de doubler les capacités de son site nantais d’ici la fin 2025 pour atteindre 1 500 appareils reconditionnés par mois. Dans son atelier de 2 700 m², installé au sein du quartier Chantenay, la start-up remet chaque mois en état environ 700 lave-vaisselle, lave-linge, fours, sèche-linge, réfrigérateurs, congélateurs et autres caves à vin défectueux, récupérés essentiellement auprès des distributeurs et transporteur.
"Tous les appareils que nous reconditionnons sont vendus. La demande des consommateurs est bien là."
Cette montée en puissance du site nantais passe également par le recrutement de 20 à 30 opérateurs supplémentaires sur la même période. Pour ce faire, la start-up, qui emploie 45 salariés actuellement (chiffre d’affaires non communiqué), a monté un programme de formation et reconversion au métier de reconditionneur, avec le soutien financier de la région Pays de la Loire et en partenariat avec France Travail.
70 000 appareils reconditionnés par an en 2027
Les 7 millions d’euros récoltés doivent également financer l’ouverture de trois nouveaux sites industriels en France, dont la localisation est encore en cours de réflexion. En parallèle, Underdog formera 200 techniciens spécialisés sur l’ensemble de ses sites. La duplication du modèle nantais doit ainsi permettre d’atteindre une capacité de 6 000 appareils reconditionnés par mois à l’horizon 2027, soit 70 000 par an.
"Tous les appareils que nous reconditionnons sont vendus. La demande des consommateurs est bien là. 30 à 35 % moins chers que des produits neufs, les produits reconditionnés répondent aux enjeux de pouvoir d’achat des Français. En préservant 620 000 tonnes de ressources naturelles d’ici 2029 et en évitant l’émission de 97 000 tonnes de CO2, ils participent à la transition écologique du secteur", argumente la dirigeante.
Celle-ci veut faire la preuve qu’un "modèle industriel circulaire est possible" en visant la rentabilité, sans préciser, pour l’instant, à quel horizon.