Un projet immobilier demande des regards multiples
# Immobilier # Conjoncture

Un projet immobilier demande des regards multiples

Se doter d'un nouveau siège ne s'improvise pas. Revue de détail avec le Crédit agricole d'Ille-et-Vilaine, qui a finalisé il y a quelques mois la construction d'un nouveau vaisseau amiral.

Le maître d'ouvrage d'un projet immobilier a tout intérêt à s'entourer de compétences multiples. C'est le message de Christian Lamour, directeur des projets immobiliers du Crédit agricole d'Ille-et-Vilaine qui a été en charge du transfert du siège régional, à Rennes. Installée depuis 75 ans au coeur de la capitale bretonne, la caisse régionale tenait à rester sur le territoire de la commune avec des facilités en termes d'accessibilité: 150 des 500 salariés transférés sont en effet en contact avec la clientèle. «Pour le foncier, nous avons travaillé avec Rennes Métropole (la communauté d'agglomération, NDLR). Finalement, nous avons retenu le site de la Courrouze, des terrains que l'armée souhaitait vendre.»




S'entourer de conseils avisés

Dès ce niveau, la caisse régionale s'entoure de conseils avisés. «Nous avons évidemment travaillé avec les notaires mais nous avons aussi sollicité des consultants juridiques. C'est indispensable car cela permet de clarifier les choses», explique Christian Lamour. Le terrain acquis, le Crédit agricole lance le projet de construction de deux immeubles sur un total de 20.000m², dont 12.000 pour ses propres services, le Carrousel accueillant une salle de réunion et un restaurant interentreprises. La maîtrise d'oeuvre est confiée à un groupement d'architectes choisi sur concours, avec l'appui d'un bureau d'études. Les travaux font l'objet de deux séries de lots pour au total une vingtaine d'opérateurs. Un concepteur d'espaces est associé au projet pour les aménagements intérieurs. Classique à ce niveau. «Quand on n'est pas du métier, il ne faut pas avoir une mais plusieurs paires d'yeux pour espérer pouvoir embrasser l'ensemble», explique Christian Lamour.




La clé: les Amo

La caisse régionale décide alors de faire appel à non pas un mais plusieurs assistants à maîtrise d'ouvrage, les Amo. «Un Amo est essentiel. Nous sommes dans un domaine multidisciplinaire et il faut pouvoir étudier les choses sous différents angles», poursuit le directeur des projets immobiliers. Un Amo va entrer en scène dès l'élaboration de la partie budgétaire et va suivre le chantier dans sa globalité, jusqu'à la levée des réserves. Un autre suivra la partie technique du chantier. Mais le Crédit agricole va encore plus loin en faisant d'emblée appel à un organisme certificateur.




Bâtiment HQE

«Nous avons érigé le premier bâtiment HQE en Bretagne à la fois pour une facilité d'utilisation mais aussi pour faire écho à nos valeurs de banque coopérative, précise Christian Lamour. L'apport de l'organisme certificateur a été extrêmement important tout au long de l'opération. C'est la garantie que les normes HQE sont bien prises en compte dans toutes les étapes. C'est aussi un sacré juge de paix quand il faut procéder aux centaines d'arbitrage qui s'imposent au fil de l'évolution du chantier.»




«Se méfier des fausses économies»

Là encore, la banque fait appel à un Amo dédié. «Je pense que nous avons eu raison de nous entourer comme on l'a fait car, au final, nous avons un siège qui n'a suscité aucune critique. Être entouré est extrêmement rassurant et contribue fortement à la cohérence de l'ensemble.» Et côté prix? «Le coût de construction a été de 50millions d'euros. Au regard de cette somme, le montant des prestations des différents acteurs est tout à fait raisonnable. Il faut se méfier des fausses économies.»

# Immobilier # Conjoncture