Relancer deux marques prestigieuses de tissu d'habillement féminin en relocalisant une grande partie de la production en Rhône-Alpes, c'est le pari un peu fou pris en décembre dernier par Christophe Jacques. L'ancien dirigeant d'ERCEA International (dont il a cédé l'intégralité de ses parts au groupe Deveaux en 2010) a repris à la barre du tribunal de commerce les marques Reynaud Rexo et Ulysse Pila, détenues par la PME du Chambon-Feugerolles Reynaud Rexo, placée en liquidation judiciaire. «J'ai investi 162.000euros pour reprendre les marques, les dessins, les modèles et la clientèle et j'ai monté une nouvelle entreprise baptisée Ulysse Pila. Nous sommes repartis avec 9 salariés et un investissement d'un million d'euros pour reconstituer un stock d'échantillonnages et monter deux collections annuelles», explique Christophe Jacques. Domiciliée à Écully, la nouvelle entité s'appuie sur un savoir-faire historique. «Ulysse Pila est une marque de soierie lyonnaise qui a vu le jour en 1867. Elle travaille pour des maisons de haute couture et le prêt-à-porter haut de gamme. Quant à Reynaud Rexo, elle est réputée pour ses taffetas utilisés pour les robes de cocktail. Ces deux marques ont une très forte reconnaissance à l'international, mais, elles se sont trop dispersées dans leurs produits et leurs approvisionnements. Résultat, on avait des délais de quatre semaines pour un produit et seize pour un autre. Cela entraîne des incompréhensions et à terme une déperdition de clients», expose Christophe Jacques. Pour pallier cette problématique de délais, Ulysse Pila a relocalisé une grande partie de sa fabrication en Rhône-Alpes.
Made in Rhône-Alpes
«La soie provient évidemment de Chine. Pour la teinture, nous travaillons avec Hugo Soie et TAG dans la Loire. L'ensemble de notre tissage jacquard est réalisé par Les Tissages de Charlieu et l'apprêt a été confié au stéphanois Paret-Villedieu et au roannais ATC. Nous travaillons aussi avec l'entreprise Claeys à Villeurbanne. Un tiers de nos tissages provient toutefois de la région de Côme en Italie», détaille le dirigeant. Ulysse Pila n'exclut pas à terme de se doter d'outils de production en propre. «Aujourd'hui, nous sommes à cheval entre de la sous-traitance pure et des machines en sous-traitance qui nous appartiennent. Le risque pour nous, c'est de voir ses sous-traitants disparaître avec leurs machines», justifie Chistophe Jacques. Pour l'heure, le dirigeant planche sur un autre investissement. «Nous prévoyons de déménager sans doute sur Brignais. Nos locaux actuels sont trop vastes pour notre activité. Et puis Brignais est à cheval entre les départements du Rhône et de la Loire. Cela nous permettra d'être encore plus proches de nos sous-traitants», conclut Christophe Jacques.
Textile Pour relancer Ulysse Pila et Reynaud Rexo, Christophe Jacques a d'ores et déjà investi un million d'euros et a relocalisé une grande partie de la fabrication.