Quelles sont les opportunités pour les entreprises en terme de recherche à Brest?
L’offre est pléthorique: l’Ubo rassemble 35 laboratoires qui couvrent l’ensemble des champs scientifiques, avec quatre thématiques de prédilection: les sciences et technologies de la mer, évidemment, mais aussi celles de la communication, de la santé ou encore les sciences humaines et sociales. Ces dernières peuvent elles aussi intéresser les entreprises, notamment dans le domaine de la gestion d’entreprise. Nos laboratoires de sociologie sont en effet très impliqués dans l’innovation sociale, les sciences de gestion et les évolutions des modèles économiques et managériaux.
Vous travaillez actuellement à donner davantage de visibilité à l’offre de l’Ubo à destination des entreprises?
Effectivement, nous venons de recruter trois personnes au sein d’une cellule dédiée au développement économique, dont la mission est de renforcer les collaborations avec le milieu économique : montrer les offres de services, les ressources à disposition, mais aussi les nombreuses plateformes technologiques et la matière grise dont nous disposons dans tous les domaines que je viens d’évoquer.
Quelles actions sont menées à destination des entreprises?
Nous travaillons avec un grand nombre d’entreprises. Mais si les grands groupes sont aguerris pour collaborer avec la recherche universitaire et savent trouver les ressources, il n’en va pas de même pour les PME ou les TPE. Nous cherchons donc à combler ce fossé et travaillons à la mise en synergie de l’ensemble de nos acteurs, en interne comme en externe. Au-delà des plateformes technologiques et de recherche, il s’agit aussi de donner davantage de visibilité à toute l’offre de formation professionnelle initiale et continue, laquelle a un intérêt direct pour les entreprises, qui ont l’obligation d’accompagner leurs personnels dans leur évolution professionnelle. Les universités sont aussi là pour ça.
Par ailleurs, le développement des formations en alternance et des contrats de professionnalisation peut constituer une forme de pré-embauche pour les jeunes, lesquels peuvent être repérés durant leur formation afin de devenir les collaborateurs de demain.
Un autre de nos angles d’attaques, lui aussi extrêmement important, est celui des formations courtes en formation continue, que nous mettons en place "à la carte" en fonction des besoins des entreprises. Nous disposons d’ingénieurs dédiés à la formation qui mettent en place des modules adaptés et accompagnent les demandes de montée en compétence. Nous recevons ainsi chaque année plus de 4.500 salariés en formation continue à la demande des entreprises. Ils suivent des formations qui vont d’un jour à une semaine, et peuvent aller jusqu’à la reprise d’études en formation diplômante initiale, et ce dans tous les domaines.
Évidemment, il existe des formations qui sont plus difficiles que d’autres à mettre en place, mais nos équipes travaillent sur ce sujet car c’est l’une de nos missions. Il faut d’ailleurs souligner que l’Ubo a de l’avance en la matière. Nous sommes parmi les cinq premières universités de France en terme de chiffre d’affaires généré par la formation continue.
Vous avez déjà noué des liens avec d’autres universités métropolitaines?
Oui, les collaborations sont déjà fortes entre Brest, Rennes et Nantes, et elles se renforcent avec la création de l’Université de Bretagne-Pays de la Loire. La métropolisation va clairement booster l’Ubo, car nous avions un risque d’être marginalisés face aux deux pôles que sont Rennes et Nantes.
D’autre part, c’est l’ancrage historique de l’Ubo à Brest, Quimper et Morlaix qui fait sa force: les universités métropolitaines doivent entraîner de la même manière des universités de villes non métropolitaines. Elles doivent être des moteurs pour tout le monde, et surtout pas des hyperconcentrateurs.
Avec plus de 20.000 étudiants, des grandes écoles, des instituts et une trentaine de laboratoires de recherche, Brest est un véritable vivier de matière grise dans de nombreux domaines. Tour d’horizon avec Pascal Olivard, président de l’Université de Bretagne Occidentale, qui entend bien renforcer les liens avec le monde économique.