L’éditeur français de jeux vidéo Ubisoft (21 000 salariés, 2,3 milliards d’euros de CA) a inauguré en grande pompe le nouveau siège de son studio de développement bordelais, 7 ans après la naissance de son antenne locale. Implanté sur la rive droite au sein de l’écoquartier de la ZAC Bastide Niel, le bâtiment de plus de 7 700 m2 réunit plus de 400 personnes (avec la capacité d’en héberger plusieurs centaines de plus).
Spécificités locales
L’équipe d’Ubisoft Bordeaux inaugure ces nouveaux locaux un an après le lancement du jeu vidéo Assassin’s Creed Mirage, le premier dont elle a piloté le développement (réalisé avec le soutien de 12 autres studios). Parmi les équipements ajoutés à ce siège bordelais, on retient une salle de test de jeux pouvant accueillir jusqu’à 16 joueurs en simultané, une salle de streaming, une salle de projection, un studio son et une salle de motion capture (capture de mouvements).
Au rayon des spécificités locales, près d’une centaine de personnes sont centrées sur les services en ligne et une dizaine pilote une antenne de La Forge, département de R & D, qui travaille notamment à l’implémentation de l’IA et du machine learning dans les jeux.
Fronde syndicale
Si l’heure était à la fête pour l’un des 45 studios d’Ubisoft, les tracts du Syndicat des Travailleurs du Jeu Vidéo restaient malgré tout affichés sur le tableau du couloir central, appelant à un mouvement de grève du 15 au 17 octobre.
Parmi les revendications affichées, la demande d’un "accord formel sur le télétravail", le STJV et d’autres syndicats dénonçant une "décision arbitraire" de la direction de retour à 3 jours en présentiel par semaine. Ubisoft Bordeaux est, comme les autres, concerné.
Contexte difficile
L’éditeur coté en Bourse traverse une passe difficile, ayant perdu plus de la moitié de sa valeur boursière en un an en raison de ventes jugées décevantes sur ses derniers titres. De grosses attentes pèsent donc sur le prochain Assassin’s Creed Shadows, situé dans le japon féodal et prévu pour février. Ubisoft Bordeaux, discret sur la nature réelle de ses projets, est à l’œuvre aux côtés d’Ubisoft Québec sur ce titre.
L’éditeur serait actuellement en discussion avec le géant chinois Tencent, qui possède 10 % des actions de l'entreprise et 49,9 % de la holding familiale Guillemot Brothers. Un rachat ou un retrait de la côte seraient envisagés, et Ubisoft assure étudier "toutes ses options stratégiques". Un contexte macroéconomique qui, en apparence, ne semble pas toucher le studio néoaquitain : une quinzaine de postes y sont actuellement ouverts.