TVA à 5,5% : Le plan de relance de l'hôtellerie restauration
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TVA à 5,5% : Le plan de relance de l'hôtellerie restauration

La vieille promesse électorale de Jacques Chirac aura finalement été réalisée... par Nicolas Sarkozy, qui attend des professionnels des engagements clairs en contrepartie.

Le serpent de mer de la TVA à 5,5% dans la restauration devrait d'ici peu devenir une réalité. Pour beaucoup de professionnels du secteur, «c'est un combat qui s'achève», explique Francis Attrazic, président national des Restaurateurs de France. «Un combat qui aura duré trop longtemps et qui abouti à un moment délicat», résume Daniel Atinault, le président régional de l'Union des métiers et des industries de l'hôtellerie (Umih).




«Une responsabilité vis-à-vis des Français»

Pour Didier Chenet, président national du syndicat hôtelier Synhorcat (Syndicat national des hôteliers, restaurateurs, cafetiers et traiteurs), la mesure fait office de «plan de relance du secteur», pas moins. «C'est une formidable opportunité et nous sommes conscients de la responsabilité que nous avons vis-à-vis du Président de la République et des Français». Plus que jamais persuadé de l'urgence de la mesure, Didier Chenet rappelle «que le secteur emploi 600.000 personnes en France, soit 100.000 de plus que l'automobile!» pour qui l'État a débloqué près de six milliards d'euros. Le coût estimé de cette mesure s'élèverait à deux milliards d'euros «pour un secteur dont les emplois ne sont pas délocalisables», lâche le restaurateur. Reste alors la question des contreparties que l'État entend obtenir en échange de la baisse de la TVA. Problème! «Depuis le mois de septembre, les trésoreries en ont pris un coup», lâche Daniel Atinault, président régional de l'Umih. Résultat des courses, les professionnels sont tentés «de remettre leurs affaires à niveau plus que d'investir, et de maintenir leur personnel plutôt que d'embaucher!» C'est tout l'enjeu des États Généraux qui se sont tenus en avril dernier. «Sur la baisse des prix, nous avons rappelé qu'il n'était pas possible de répercuter cette baisse sur l'ensemble des produits puisque le taux réduit de TVA ne s'applique qu'aux repas et aux boissons non alcoolisées», explique Didier Chenet. Avec une TVA à 5,5%, un restaurant moyen devrait récupérer 7,3% de marge, selon les calculs du Synhorcat. «On ne peut pas tout mettre sur la baisse des prix», assure son président.




Un repas complet à 5,5%

Le syndicat a donc imaginé une baisse «ciblée» qui concernera une liste de sept produits (cafés, eaux minérales, plats du jour, entrées du jour, desserts du jour, formules et menus enfants) parmi lesquels chaque restaurateur devra choisir ses cinq priorités. But du jeu, «que chaque client trouve l'équivalent d'un repas complet avec une TVA à 5,5%!» Côté emploi, l'État garde en mémoire les chiffres avancés depuis plusieurs mois par les professionnels qui fixaient la barre à 40.000 créations potentiellement induites par la baisse de la TVA. C'était avant la crise! Aujourd'hui, le responsable du syndicat hôtelier espère plus modestement que «la baisse des prix pourra relancer la machine». Prévue à l'origine pour entrer en vigueur au 1erjanvier prochain, la mesure pourrait l'être dès juillet prochain.



Guillaume Ducable

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