«On a pu aller jusqu'à 140, mais 116 chefs d'entreprises, c'est une bonne représentation», souligne Alain Parmentier, vice-président en charge des relations internationales de l'UE35. Et puis à en croire Joël Chéritel, la destination Tunis valait bien le déplacement le mois dernier.
«Les mêmes réflexes»
«Ce voyage est à mettre dans le Top 3 voire 2 des destinations qu'on a organisées jusqu'à maintenant», confie le président de l'organisation patronale. L'image qu'il en retient? Celle de «la modernité, qui contrastait avec ce que j'imaginais», explique Joël Chéritel. Sans pour autant faire abstraction des problèmes récurrents de ce pays: presse et opposition politique muselées. «C'est vrai que c'est plutôt un régime de parti unique mais, en même temps, c'est un pays qui va vraiment de l'avant, forme beaucoup de techniciens, d'ingénieurs. J'ai trouvé là-bas des chefs d'entreprises avec les mêmes réflexes. On a aussi trouvé la place de la femme à un autre niveau qu'on pouvait le penser.»
Croissance de 3% en 2009
Et sur le plan économique ? «C'est un pays où il y a vraiment des opportunités pour nos PME, estime Alain Parmentier. Dans leur approche, tout est fait pour que les entreprises puissent investir dans de bonnes conditions.Sans pour autant tomber dans le dumping, les conditions de l'environnement juridique, fiscal, social sont vraiment intéressantes.» Au-delà de la proximité culturelle - et de l'absence de barrière linguistique - la Tunisie présente d'autres avantages, selon Alain Parmentier. «On parle de crise, mais c'est un pays qui reste sur une croissance de PIB de 3%. On a rencontré aussi une main-d'oeuvre de qualité et qualifiée. Autre élément, on rencontre beaucoup moins de problèmes de contrefaçons. Ça fait beaucoup d'atouts et on a vraiment été séduits.» Certains participants au voyage auront peut-être regretté de croiser des Tunisiens plus en attente de vendre que d'acheter, mais Joël Chéritel, tout comme Alain Parmentier, croient dur comme fer à une collaboration accrue entre la Bretagne et ce pays d'Afrique du Nord. «Beaucoup de textile, de l'agroalimentaire, une industrie automobile, un très bon tissu d'entreprises dans les TIC... Ce sont beaucoup de points communs en terme de secteurs et de filières», conclut le vice-président.
Crise oblige, l'Union des Entreprises 35 n'a pas mobilisé autant d'adhérents que les années précédentes pour son traditionnel voyage annuel, le mois dernier à Tunis. Un voyage qui a pourtant présenté bien des atouts, et cassé un certain nombre de préjugés.