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Trophées Industrie Grand Ouest : Algolesko exporte ses algues jusqu'au Japon
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Trophées Industrie Grand Ouest : Algolesko exporte ses algues jusqu'au Japon

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Après un peu plus de 10 ans d'expérimentations engagées depuis Loctudy, dans le pays bigouden (Finistère sud), Algolesko est parvenu à ancrer un modèle d'exploitation viable devenant du même coup un fer de lance européen de la culture de macroalgues en pleine mer. L'entreprise remporte le Trophée Coup de coeur du jury des Trophées Industrie Grand Ouest.

Thimothée Serraz, le directeur général d'Algolesko, présente l'un de ses produits phares : le kombu royal — Photo : Jean-Marc Le Droff

L'entreprise Algolesko (1 million d'euros de chiffre d'affaires avec 15 salariés), créée à Loctudy dans le Finistère sud en 2013, poursuit sa croissance dans l'espoir de stabiliser une production d'environ 1 000 tonnes de macroalgues d'ici à cinq ans. Pour atteindre cet objectif, la société recapitalisée en 2017 sous la présidence de Philippe Legorjus, l'un des fondateurs historiques, aux côtés notamment de l'ostréiculteur Josick Thaëron, a engagé une levée de fonds de 5 millions d'euros qui devrait être bouclée d'ici à la fin de l'année 2024. Algolesko assure une production annuelle de 200 tonnes de macroalgues, kombu (Sacharina latissima) et wakamé (undaria pinnatifida et alaria esculenta) à proportions équivalentes, en s'appuyant sur une maitrise complète de la chaîne de valeur.

Cultiver sur 150 hectares et plus

"Tout l'enjeu réside dans la capacité à assurer le cycle de production, de la semence à l'assiette", résume Timothée Serraz, directeur général d'Algolesko, qui déploie ses filières sur 150 hectares en zone Natura 2000 au large de Lesconil (Finistère). La société dispose également d'une forte marge de progression avec une concession de 180 hectares au large de Moëlan-sur-mer (Finistère) ainsi que 20 hectares de concessions à Lézardrieux (Côtes-d'Armor), où l'entreprise a racheté en 2019 les capacités d'Aleor, incluant une écloserie ainsi qu'une unité de séchage.

Valoriser selon l'exemple japonais

"Nous sommes parvenus à valoriser nos volumes via une technique japonaise de conditionnement de l'algue en frais salé. On dispose alors d'un produit d'une qualité exceptionnelle, commercialisé autour de 7 euros le kilo et à consommer en condiment pour agrémenter un plat, en particulier pour la restauration hors domicile", explique Timothée Serraz. Algolesko a ainsi été distinguée par un prix d'excellence lors du dernier salon mondial Seafood à Barcelone pour une gamme destinée aux chefs. "Nous travaillons surtout en B2B, en surgelé pour le secteur agroalimentaire, mais aussi à 30 % en format déshydraté pour les domaines de la nutraceutique et de la cosmétique", reprend Timothée Serraz qui s'efforce avant tout de répondre aux enjeux d'un écosystème européen en déséquilibre.

30% à l'export

"L'algue est un produit d'avenir qui n'a besoin d'aucun intrant, ni d'apport en eau douce. Il faut seulement tenir un cycle cultural de 7 à 8 mois dans des conditions d'exploitation respectueuses d'un milieu à la fois fragile et très exigeant. Nous y arrivons aujourd'hui, même si on a encore beaucoup de retard par rapport à la production mondiale d'algues qui est aujourd'hui située autour de 35 millions de tonnes et qui reste concentrée à 98 % en Asie comme à 97 % sur la culture ", souligne le dirigeant. Thimothée Serraz estime disposer, aujourd'hui, des fondamentaux pour pouvoir enfin grossir : " Nous travaillons à 30 % à l'export, principalement en Allemagne, dans les pays scandinaves, ainsi qu'au Japon, où la production intérieure est insuffisante et où nos algues sont réputées pour leur qualité. "

Finistère # Culture # PME # Levée de fonds
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