« 2015, objectif pleine capacité », scande Loïc Maenner, directeur des opérations Trimet France. L'homme se félicite chaque jour du rachat (aux côtés d'EDF qui détient 35 % des parts) de Rio Tinto par son employeur, l'un des plus grands producteurs d'aluminium Outre-Rhin. « L'outil de production est plus performant ici qu'en Allemagne », confie Loïc Maenner « le fil d'aluminium, matière à forte valeur ajoutée, est très recherché en Europe. Trimet souhaitait se glisser dans ce secteur qu'il ne couvrait pas. » Pour atteindre son objectif de pleine capacité, le dirigeant prévoit la réouverture totale de la capacité de fonderie de fils d'aluminium, de lingots et l'embauche de salariés. On est loin du désastre annoncé il y a deux ans pour cette société mauriennaise. Si Trimet France a remis en service, fin 2014, la totalité de ses hauts-fourneaux et repris sa pleine production de 150.000 tonnes d'aluminium, « tout reste encore à faire » selon son directeur. Pour revenir sur le devant de la scène, 100 M€ d'investissements sur l'ensemble des outils de production sont programmés sur trois ans, dont 40 M€ réalisés en 2014. La société fournit des industriels du marché électrique (lignes de transport et distribution d'énergie, câbles flexibles pour batterie...) et mécanique (système de fixation, fil soudure, chaînes, grilles...). 50 % des ventes s'opèrent en France, 40 % en Europe et 10 % en Afrique du Nord, « la majorité des clients est à moins de deux jours de camion. Cette localisation est une force. » Loïc Maenner se réjouit également du potentiel important de l'usine permettant une diversification de la fabrication, notamment en se tournant vers l'aluminium de recyclage.
Recycler l'aluminium
D'ici 2016 et progressivement pendant trois ans, Trimet France va retraiter les déchets de ses clients. Une chaîne à lingots (soit un investissement de 2 M?) entrera en fonction en mars et une installation supplémentaire devrait s'implanter sur le site de 37 hectares. « C'est le modèle Trimet ! Le groupe a doublé sa capacité de fonderie en se tournant vers le recyclage. C'est une première. Cette formule combinant une usine de production d'aluminium primaire et du recyclage n'existe pas encore en France ». L'aluminium recyclé se destine à la fabrication de pièces pour l'automobile comme des carters ou des suspensions qui permettront d'alléger le poids du véhicule. L'autre force de Trimet France est de s'appuyer sur la sous-traitance locale. Pas moins de 1.500 emplois induits dans la vallée, soit 60 à 70 % de temps plein collaborent indirectement pour la fonderie (chaudronnerie, logistique, maintenance...). « Ils sont compétitifs et réactifs. Notre vision industrielle à long terme va consister à signer avec eux des contrats sur cinq ans » avance Loïc Maenner.
En demande de main-d'oeuvre
Employant 500 salariés, Trimet France peine à recruter, notamment des techniciens de maintenance. La société a créé en mai 2014 un centre de formation au sein de ses locaux afin de former, cette année, 40 alternants en contrat de professionnalisation. « Nous devons chercher des solutions localement. Les professeurs se déplacent à Saint-Jean-de-Maurienne pour la semaine d'école afin d'éviter à nos apprentis d'aller sur Chambéry. Pour l'alternance, nous imaginons nous associer avec d'autres établissements comme FerroPem, spécialisé dans la production de silicium et d'alliages, qui est demandeur » précise-t-il, « il faut être inventif pour trouver des solutions face à cette pénurie de personnels qualifiés. » Le sidérurgiste a aussi signé un accord pour créer des CDII, contrats à durée indéterminée intermittents. Cet été, 13 premiers CDII vont le rejoindre. Travaillant l'hiver en station, ils viendront en renfort aux beaux jours pour combler les pics d'activités et les congés. « Nous aurons des salariés formés et fidèles que nous reverrons chaque été ».
Trimet France
(Saint-Jean-de-Maurienne) Président : Martin Iffert 500 salariés CA 2013 : 300 M€ 04 79 20 10 10