Un peu plus de deux ans après la réorganisation de Qualinéo, liée à la perte d’un client majeur début 2023, comment l’entreprise se porte-t-elle ?
En 2024, Qualinéo a réalisé une croissance de 120 % de ses revenus récurrents (CA non communiqué NDLR) et vise près de 100 % de croissance pour 2025. L’entreprise compte désormais plus de 3 000 établissements de santé équipés par ses logiciels de pilotage de la qualité. À date, nous avons signé une dizaine de contrats-cadres. Cette croissance est notamment liée à la diversification de notre clientèle, en lien avec cette mésaventure.
Nos clients historiques, les Ehpad, représentent encore 50 % de notre activité. Et l’autre moitié est désormais réalisée auprès de centres de radiologie, médicaux sociaux, de cliniques, de centres hospitaliers, etc. L’objectif est de multiplier par cinq le nombre de clients ces quatre prochaines années. Nous avons d’ailleurs recentré nos activités sur la France, mais nous n’excluons pas de déployer à nouveau nos services à l’étranger si des opportunités se présentent.
Qualinéo a-t-elle renoué avec la rentabilité ?
Comme nous avons poursuivi nos investissements, la rentabilité est plutôt attendue en 2026. Ces investissements nous ont permis de développer de nouveaux produits, qui portent eux aussi notre développement. Nous avons intégré depuis l’été 2024 l’intelligence artificielle dans nos logiciels de pilotage de la qualité. Cette technologie permet par exemple d’améliorer la gestion documentaire ou l’analyse de questionnaires de satisfaction.
Nous travaillons aussi avec des partenaires sur l’interopérabilité de notre logiciel avec d’autres solutions, comme des logiciels de soin ou RH. L’idée est de croiser différentes données pour améliorer encore la qualité du soin. Nous avons le luxe de ne pas devoir nous refinancer : ce que Qualinéo gagne permet aujourd’hui d’engager ces investissements. Quand on a connu des difficultés, on est plus attentif ensuite à la stratégie de financement.
Qualinéo a-t-elle bénéficié du soutien de tiers pendant cette période ?
Nos business angels historiques ont continué à nous soutenir. Nous avons aussi été épaulés à des moments clés par des acteurs comme Réseau Entreprendre Nord, la DFCG (association des directeurs financiers et de contrôle de gestion NDLR) via le programme DAF for Good, la French Tech, des écosystèmes comme le Village by CA ou EuraTechnologies et d’autres institutions régionales…
Avec le recul, qu’est-ce que ce coup dur a apporté à l’entreprise ?
La perte de ce contrat a renforcé notre capacité à rebondir et à innover. Cela a aussi énormément forgé le caractère collectif. Il s’est créé lors de cette période une bulle de confiance qui a eu son rôle dans la croissance de l’entreprise. Qualinéo a d’ailleurs ouvert il y a près d’un an son capital au top management de l’entreprise et à d’autres managers. L’entreprise compte 32 salariés, contre 49 avant la perte du contrat, sachant que nous avons dû descendre à 27. Nous avons appris que c’est moins le nombre de collaborateurs qui compte que la bonne organisation et motivation de chacun. Je dirais que l’entreprise fonctionne mieux avec moins de personnes, dans la mesure où nous avons repensé notre organisation. Cette période nous a globalement permis de prendre d’excellentes décisions, à l’image de la stratégie de diversification.