Paris-Caen-Cherbourg/Trouville-Deauville, Paris-Rouen-Le Havre, Paris-Granville, Paris-Evreux-Serquigny et Caen-Le Mans-Tours, sont les cinq lignes concernées par la convention de transfert signée ce lundi 25 avril entre la Région Normandie et le Gouvernement. En déplacement au Mont-Saint-Michel Manuel Valls, premier ministre, a signé, avec le président de la Région Normandie Hervé Morin, une convention de transfert à la Région Normandie de ces cinq lignes dites « Train d'équilibre du territoire » (TET ou encore Intercités).
Une première nationale
Cette convention nationale, première de ce type signée entre l'État et une Région sur les TET, est accompagnée d'un engagement de l'État à renouveler, d'ici 2019 à 2020 au plus tard, les matériels roulants sur les lignes Paris-Caen-Cherbourg/Trouville-Deauville et Paris-Rouen-Le Havre pour un montant de 720 millions d'euros. Une fois les premières rames livrées et les lignes modernisées, la Région deviendra, comme pour les TER, autorité organisatrice des lignes normandes TET, également appelées Intercités. La Région prendra ainsi la responsabilité des horaires, du cadencement et de la gestion des équipements. « J'ai considéré que la Région Normandie devait faire preuve d'audace, d'innovation, et ce rapidement pour ne pas atteindre le point de non-retour, synonyme de fermeture définitive des lignes Intercités de Normandie. Je remercie le Premier ministre, en mon nom et en celui de Jean-Baptiste Gastinne, Vice-Président de la Région Normandie chargé des transports, d'avoir enfin entendu les Normands », a déclaré Hervé Morin, fustigeant « L'immobilisme » de ses prédécesseurs à la tête de la Région. Des propos que Nicolas Mayer-Rossignol, ex-président de la Région qualifie de « politique à l'ancienne. On accuse ceux d'avant. Je rappelle que la décision de renouveler les rames date de juillet 2015, il n'y a rien de nouveau ». Et le groupe des élus socialistes, Radicaux et Citoyens de « saluer » cette « confirmation du Gouvernement ». L'ancien président de Région s'inquiète de cette nouvelle charge pour la Région et voit plusieurs risques : « Cela fait des années que l'État cherche à se séparer de ces lignes en déficit structurel fort. Les cinq lignes concernées cumulent 35 millions de déficit annuel », affirme l'élu qui pointe l'inégalité de paiement entre les régions concernées : « A Mantes, ces lignes sont prises par beaucoup de Franciliens. De plus les Normands vont travailler en Ile-de-France et créés de la valeur ajoutée mais l'Ile de France ne va rien payer. C'est incroyable ! Du coup, soit les impôts vont augmenter, soit on va rogner sur les services », s'inquiète Nicolas Mayer-Rossignol.
Modernisation et maintenance
En parallèle, l'État et SNCF réseaux ont confirmé leurs engagements à investir aux côtés de la Région Normandie de façon à achever d'ici 2020 la modernisation de ces deux lignes normandes. La maintenance des trains sera réalisée en Normandie à Granville et à Sotteville-lès-Rouen. « À nous de tout mettre en oeuvre pour proposer à l'avenir une offre de service de qualité et suffisamment attractive pour envisager une gestion à l'équilibre. Nous ne laisserons pas le trafic baisser au rythme actuel sur les liaisons entre la Normandie et Paris. C'est aujourd'hui que nous donnons un avenir ferroviaire à la Normandie, c'est aussi aujourd'hui que les choses se jouent pour la future LNPN en 2030 » a ajouté Hervé Morin. Une certitude que ne partage par Nicolas Mayer-Rossignol : « On nous annonce que des éléments décisifs du projet de LNPN, comme la gare de la Défense seraient abandonnés sous la pression des élus de la droite francilienne. Nous risquons de perdre une occasion stratégique pour la Normandie ».
Sébastien Colle
En déplacement au Mont-Saint-Michel, le 25 avril, le premier ministre a signé une convention de transfert à la Région Normandie de cinq lignes Intercités. Le Gouvernement s'est engagé à verser 720 millions d'euros pour le renouvellement des matériels roulants des lignes Paris-Caen-Cherbourg/Trouville-Deauville et Paris-Rouen-Le Havre.