Finistère
Tourisme : Une arrière-saison salutaire
Finistère # Services

Tourisme : Une arrière-saison salutaire

Hôtellerie-restauration Face à une haute saison de plus en plus courte, les professionnels comptent désormais sur les touristes de septembre et octobre, attirés par une météo plus clémente. Cette année, beaucoup s'attendent à un très bon mois de septembre

«Avec une haute saison de plus en plus courte, les professionnels ne parviennent plus à amortir les investissements de l'année, analyse Nicolas Dayot, président de l'Union bretonne de l'hôtellerie de plein air (HPA) et du syndicat de l'HPA du Finistère. D'où l'importance cruciale de la fin de saison.» La baisse de la fréquentation touristique depuis quelques années dans le Finistère, principalement au mois de juillet, force aujourd'hui les professionnels à accentuer leurs efforts sur l'arrière-saison. Quelques semaines en plus qui ne permettent pas de rattraper une mauvaise saison mais de limiter les dêgâts.




Météo maussade en juillet

«La saison maintenant, c'est du 5 au 20août», confirme Alain Bodollec, propriétaire, avec sa femme, de l'hôtel Rosaven à Pont-Aven. En cause, un mois de juillet de plus en plus mauvais dans le Finistère depuis deux ou trois ans, dû principalement à une météo maussade. «Avec Internet et la multiplication des offres à la dernière minute, les touristes décident en fonction de la météo du lieu de leurs vacances», fait remarquer Hubert Jan, président de l'UMIH du Finistère (Union des métiers industrie de l'hôtellerie). Un usage qui ne tourne pas vraiment en faveur du Finistère... Cette année encore, exceptées les villes qui ont profité des fêtes maritimes, juillet n'a pas été bon dans le département:l'observatoire de Finistère tourisme a relevé deux tiers d'opinions négatives sur la période. Et non seulement la saison est plus courte, mais en plus les prix ont «tendance à baisser ou au mieux à stagner», remarque Nicolas Dayot. Les campings, qui ferment pour la plupart de fin septembre à début avril devront s'adapter selon lui: «Une des solutions est d'ouvrir jusqu'aux vacances de la Toussaint qui vont maintenant passer à deux semaines», ajoute t-il. La tendance à l'étalement de la saison semble se confirmer côté chiffres : en 2000, 67,2% des nuitées se concentraient sur les mois de juillet et août. Le taux est tombé à 57,2% en 2011, selon des chiffres de l'Agence départementale du tourisme (ADT).




Septembre: un très bon cru

Hôtels, restaurants, campings et autres maisons d'hôtes misent sur les mois de septembre et octobre pour tenter de rattraper des saisons de plus en plus mauvaises. À la faveur d'une météo très clémente, le mois de septembre 2012 est, au dire de tous les professionnels rencontrés, un très bon cru dans le Finistère. «Aujourd'hui l'hôtelier ne peut plus se fermer de portes, il doit miser sur chaque jour de l'année ! rappelle Hubert Jan. Rien ne coûte plus cher qu'une chambre vide». Il remarque aussi que «la clientèle de l'arrière-saison n'est pas la même:ce sont des touristes itinérants, davantage tournés vers la découverte des terroirs» et aussi séduits par des prix plus attractifs. À l'hôtel Rosaven de Pont-Aven, le prix pour une chambre passe de 75 à 67 € hors-saison. «Nous avons à la fois des clients qui viennent pour le week-end depuis Rennes, Nantes ou Lorient et des étrangers qui restent une semaine ou plus », note Alain Bodollec à Pont-Aven. Pour Hubert Jan, une des solutions pour les attirer cette clientèle spécifique est de multiplier les actions de communication sur le département : «La dimension de la promotion prend tout son sens sur les mois de l'arrière-saison». Les acteurs travaillent avec l'ADT ou son équivalent régional. «Il faut que le public et le privé coopèrent, lance Nicolas Dayot. Pour attirer les touristes hors-saison, on pourrait par exemple coupler des activités du type acrobranche ou char à voile avec des nuitées au camping, en partenariat avec les collectivités».







Chacun s'accorde pour rappeler qu'aujourd'hui la seule façon d'attirer le client est de partir à sa conquète : «Le vrai métier de l'hôtelier maintenant c'est d'avoir une réactivité immédiate sur internet. Ils doivent surfer trois ou quatre heures par jour pour faire du chiffre», relève Hubert Jan. «Il y a une vraie guerre des prix, accentuée par les portails internet, ajoute André Pertron, patron du Citotel de la gare à Brest. Les gens sont à deux ou trois euros près donc si sur internet ils voient que le voisin fait moins cher, ils ne vont pas venir chez vous».

Finistère # Services