Les fondateurs
Thomas Kuhn est président et actionnaire majoritaire de la SAS Poxel. Pharmacien spécialisé dans le métabolisme, il est diplômé d'un MBA. Il intègre le groupe Merck Lipha en 2000, pour gérer des projets de R & D liés aux maladies métaboliques et au diabète. Il participera aux réflexions stratégiques de Merck pour son désinvestissement sur la R & D des médicaments antidiabétiques. Pour mener à bien le projet Poxel, il fait appel à quatre associés. Sébastien Bolze, pharmacien, est spécialisé dans le développement préclinique de nouveaux médicaments. Il a passé six ans à la R & D des laboratoires Fournier à Dijon. Pascale Fouqueray, médecin endocrinologue, menait des projets de recherche clinique dans le domaine du diabète pour Merck Serono. Pour Poxel, elle assure le développement clinique. Sophie Bozec, pharmacologue et biologiste, spécialiste du diabète chez Merck Serono, dirige la recherche pour Poxel. Enfin, Pascale Malgouyres, pharmacien, apporte une expérience de 23 ans dans l'industrie pharmaceutique pour le business développement et le marketing des produits.
Le projet
Début 2007, Merck Serono revoit son business model pour garder son leadership sur quatre domaines d'activité: l'oncologie, les maladies neurodégénératives, la fertilité et les maladies inflammatoires. Le diabète ne fait plus partie de ses priorités en termes de recherche et développement. «La question du désinvestissement sur ce segment s'est traduite par la création de deux entités: Metabrain Research à Paris qui propose des services liés à la R & D, et Poxel qui mènera des activités de R & D sur les médicaments cardio-métaboliques», explique Thomas Kuhn. L'entité est créée à Lyon en mars2009.
L'activité
Poxel a pour objectif de faire avancer les recherches sur des médicaments pour les mener jusqu'à la preuve du concept qui démontre l'efficacité et la sécurité du candidat-médicament. «À cette phase, nous trouverons un partenaire qui terminera le développement et assurera la commercialisation des produits, ajoute le P-dg. Des accords de licence seront alors signés avec les majors de l'industrie pharmaceutique.» Six programmes sont à l'étude chez Poxel, dont quatre proviennent de l'essaimage de Merck Serono sur le secteur du diabète. «Imeglimin, un antidiabétique pour patient de type 2, est le plus avancé. D'ici à 2011, nous apporterons des informations supplémentaires, notamment sur son efficacité et sa tolérance en association avec des traitements complémentaires, qui le valoriseront. Nos futurs partenaires pour la commercialisation sont déjà ciblés.» Si le diabète est la spécialité de l'équipe, la jeune structure entend aussi adopter une stratégie opportuniste. «Les recherches porteront également sur des pathologies cardiovasculaires et l'infectiologie», assure Thomas Kuhn.
Le financement
Le développement de telles recherches nécessite en moyenne quatre à cinq ans de travail pour atteindre la preuve du concept de phase 2. Les investissements sont compris entre 10 et 15M€ par médicament. «Nous avons trois leviers de financement, analyse le P-dg qui reste discret sur les chiffres. Des accords ont été conclus avec Merck Serono au moment de la création de Poxel. Une levée de fonds de plusieurs millions d'euros sera réalisée d'ici à fin 2009 auprès d'investisseurs internationaux. Enfin, les subventions d'Oseo, de Lyonbiopôle, entre autres (450.000 € pour le projet FXR par exemple), et le crédit impôt recherche, nous permettent de développer Poxel.»
Les revenus
Le premier chiffre d'affaires devrait intervenir lors de la licence d'Imeglimin, soit en 2011. Le paiement s'effectuera en partie à la signature du contrat de licence puis au fur et à mesure de l'avancement des recherches et enfin sous forme de royalties lors de la commercialisation.
- Tél.: 04.37.37.20.12 - www.poxelpharma.com
Thomas Kuhn et son équipe avancent les recherches sur les caractéristiques des médicaments avant de les vendre en licence aux majors de l'industrie pharmaceutique.