Les quatre coins de la planète sont autant de gisements potentiels et infinis de cartes électroniques pour Terra Nova. À la tête de cette société, on retrouve Christian Thomas, P-dg et Michel Trabuc, deux anciens de Métaleurop, bien décidés à exploiter le filon du recyclage des dites cartes. C'est à Isbergues, aux confins du Pas-de-Calais, que l'aventure prend forme et sens. Actionnaire minoritaire, le duo peut compter sur la présence au capital de l'entreprise de trois fonds d'investissements français (Finorpa, BNP développement et Eurinvest) ainsi que des fonds anglo-saxons (March Capital, Ludgate Investment, Blue Cost).
4,2M€ de plus au capital
Ces derniers viennent d'apporter un nouveau soutien de poids à Terra Nova en injectant 4,2M€ de plus au capital. Après des années consacrées à la R & D, au process, aux qualifications, cette bouffée d'oxygène financière doit permettre à l'entreprise de montrer tout son potentiel en 2013. Et les premiers signes sont encourageants : « Nous enregistrons plus de demandes clients. L'objectif cette année est la rentabilité et de monter en capacité de production. Ce sont nos deux priorités majeures d'ici trois à six mois », martèle Michel Trabuc, directeur général l'entreprise d'Isbergues. Son directeur général croit en la possibilité de doubler ou tripler le chiffre d'affaires. « Et encore, nous ne traitons pour l'heure que des cartes électroniques dites assez pauvres. »
Un process unique au monde
Mais la carte maîtresse de Terra Nova est avant tout sa technologie. Le process utilisé est unique au monde. L'unité industrielle s'appuie sur la technologie de la pyrolyse qui permet avec des températures de 500°C d'éliminer les matières organiques (résines et plastiques) des cartes. Au final, seuls les métaux précieux sont conservés. Ce procédé de traitement présente un caractère ultra-technique.
Booster la production
La croissance des nouvelles technologies, la raréfaction des métaux précieux sont autant d'atouts pour la croissance future de Terra Nova. Sur le site d'Isbergues, la production annuelle moyenne est actuellement de 15.000T pour une capacité de 30.000T. De quoi pouvoir traiter une matière première qui arrive d'Europe mais aussi d'Amérique du Nord. Pour capter ces gisements, la PME s'appuie sur la présence d'un agent aux États-Unis et entend développer un réseau un peu partout dans le monde. Elle vient aussi de nouer un partenariat avec une association en Côte d'Ivoire qui collecte des cartes.
Une réplique d'Isbergues au Canada ?
L'Amérique du Nord et plus spécialement le Canada sont au coeur de l'actualité de Terra Nova. Soucieux de traiter les cartes au plus près des gisements, l'entreprise devrait voir son modèle se dupliquer à l'avenir. En effet, la PME projette de construire une réplique de son usine d'Isbergues outre-Atlantique. Une réplique qui nécessiterait un investissement de près de 40millions d'euros. « Cela passera nécessairement par la réalisation d'un nouveau tour de table financier. En ce sens, nous devons faire monter la valeur de notre site nordiste le plus haut possible », détaille Christian Thomas. Le duo de dirigeants scrute de près deux sites possibles au Canada, l'un en Ontario et le second au Québec ; le second ayant une petite longueur d'avance sur le premier. Cette usine bis de Terra Nova générerait également une cinquantaine d'emplois. Le Canada d'un côté et l'optimisation de la technologie existante sont autant de dossiers d'actualité comme l'explique Michel Trabuc. « Nous souhaitons extraire les résidus qui se déposent sur les filtres pour pouvoir les traiter. » Ceux-ci seront ensuite valorisables pour des fonderies. L'objectif zéro déchet ultime est avancé. Autre quête, l'utilisation de la chaleur produite par la pyrolyse pour que le site s'autosuffise en énergie.
Une mine de ressources
Et comme Terra Nova souhaite toujours avoir une avance technologique et stratégique d'avance, elle se penche également sur de nouveaux filons comme celui de cartes très riches telles que les cartes téléphoniques ou les écrans plats, comme son confrère Vitamine T. Si l'extraction des métaux précieux se raréfie et devient coûteuse, le gisement du recyclage n'est pas près d'être épuisé.
Ségolène Mahias
Terra Nova monte en puissance à Isbergues. Aujourd'hui à Isbergues, demain sans doute également au Canada. Le recycleur des cartes électroniques intéresse aussi les Chinois.