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Technature investit pour accélérer sa croissance
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Technature investit pour accélérer sa croissance

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Le façonnier cosmétique finistérien Technature est en pleine expansion. Après avoir investi 5,5 millions d’euros pour moderniser son site de Dirinon, la PME est en train de s’équiper de nouvelles machines pour 3 millions d’euros afin d’accompagner la croissance de l’entreprise, notamment à l’international.

Pierre Morvan, président et Anne-Claire Roudaut, directrice communication et marketing de Technature — Photo : Isabelle Jaffré

Technature (160 salariés, 22 M€ de CA), façonnier cosmétique, a commencé à investir trois millions d’euros pour ses deux sites du Relecq-Kerhuon et de Dirinon dans le Finistère avec notamment l’acquisition d’une dizaine de nouvelles machines. "Les machines que nous avons choisies ont une plus grande capacité de production, la technologie est plus avancée notamment pour les machines pour notre laboratoire", indique le président de l’entreprise, Pierre Morvan.

8,5 millions d’euros d’investissement

La moitié de l’investissement est déjà réalisée. "Il y a malheureusement des temps d’attente pour certaines machines. Pas pour les machines standards mais pour les spécifiques. Celles-ci mettent du temps à arriver. Elles demandent aussi beaucoup de temps de conception et de mise au point avec nos fournisseurs", note le dirigeant. Technature a choisi en grande majorité des fabricants de machines européens, sauf exceptions. "Il y a des technologies spécifiques que l’on ne trouve pas en Europe. Mais de manière générale, il est plus facile de travailler avec des fournisseurs proches."

Sur son site de Dirinon, des travaux de modernisation se sont également achevés cette année. Un investissement de 5,5 millions d’euros. "Cela a pris trois ans car nous avons décidé de continuer à produire pendant les travaux, convient le président. Mais nous restons ainsi dans le cadre réglementaire qui est important dans notre secteur, nous améliorons la qualité de nos produits et les conditions de travail des salariés." Le dirigeant se félicite d’avoir un turnover assez faible. "Nous cherchons toujours des gens mais on ne se plaint pas car l’entreprise a la réputation d’innover et attire les candidats."

Innovation et diversification

Ces premières tranches d’investissement en appellent d’autres dans les mois et années qui viennent. "Ce n’est pas encore budgétisé, mais nous savons que nous allons continuer à investir", poursuit Pierre Morvan. En effet, la PME est en pleine croissance. Née en 1996, Technature atteint désormais 22 millions d’euros de chiffre d’affaires avec une croissance de 20 % entre 2022 et 2023. "Et nous tablons sur une croissance de 40 % sur le prochain exercice", annonce Pierre Morvan. Les deux usines contribuent à parts égales au chiffre d’affaires de l’entreprise.

Cette croissance a été permise par de l’innovation. "Nous avons un laboratoire de 19 personnes, ce qui est important. Nous nous devons de continuer à proposer des nouveautés sur un marché qui bouge beaucoup. Nous mettons donc beaucoup de moyens dans la R & D, qui est un sujet clé", estime le dirigeant. L’entreprise propose depuis peu une nouvelle gamme de masques pour le visage en stick.

Technature emploie 19 personnes au sein de son service de recherche et développement — Photo : Héloïse Allano / Technature

Façonnier cosmétique, Technature produit sur ses deux sites en marque blanche, principalement pour des marques de cosmétique, des centres esthétiques et de la vente au détail (retail). Ses produits vont des masques peel off à base d’alginate, en passant par la cosmétique blanche (crèmes, sérums, gels, gommages…), les poudres (masques thermiques, masque à rincer, shampoings secs, poudres nettoyantes…), jusqu’aux masques prêts à l’emploi à base d’hydrogel, de bio-cellulose ou de tissu. "Nous sommes d’ailleurs le seul fabricant en Europe à faire de l’hydrogel. Nous faisons beaucoup de masques en poudre parce que c’est la tendance du moment. Mais nous ne voulons surtout pas faire que ça. Ce n’est pas une spécialité. Nous diversifions nos produits car les modes changent vite", explique Pierre Morvan.

Entrer sur le marché africain

Technature augmente aussi sa capacité de production afin de se développer à l’international. "Nous réalisons déjà 50 % de notre chiffre d’affaires à l’export mais nous progressons en France et l’objectif est de conserver cet équilibre", insiste Pierre Morvan.

Jusqu’ici, Technature s’était développé grâce à sa présence dans de nombreux marchés du secteur cosmétique partout dans le monde. La PME est présente dans plus de 50 pays comme l’Allemagne, son premier marché. Elle envisage désormais de se lancer sur le marché africain, et plus spécifiquement le marché subsaharien. "Nous avons commencé à travailler ces marchés en 2002. Cela demande du temps. Ce sont des pays nouveaux pour nous, il faut apprendre comment y faire du business", assure le président. Les équipes de Technature sont accompagnées par l’accélérateur de BPIFrance via des formations et l’intervention d’experts, notamment. "Nous avons identifié quelques pays cibles car on ne pourra pas aller partout."

La PME n’abandonne pas pour autant sa stratégie de participation à des salons spécialisés comme In-cosmetics à Barcelone au printemps. "C’est reparti très vite et très fort après le Covid. Un peu moins en Asie où le contexte économique est plus compliqué. On voit bien la différence de reprise selon la manière dont les gouvernements des pays ont géré l’épidémie", constate Pierre Morvan.

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