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TagEnergy mise sur la Marne pour implanter la plus grande plateforme de stockage de batteries en France
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TagEnergy mise sur la Marne pour implanter la plus grande plateforme de stockage de batteries en France

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Près de Reims, la construction d’une plateforme de stockage de batteries se prépare. L’installation, qui devrait être opérationnelle fin 2025, sera en capacité d’alimenter près de 20 % des besoins résidentiels des habitants marnais. Le projet est piloté par le spécialiste des énergies bas carbone TagEnergy, en partenariat avec Tesla.

C’est Tesla qui sera le partenaire technique et maître d’oeuvre du parc de TagEnergy — Photo : TagEnergy

C’est à Cernay-lès-Reims, dans la Marne, que le spécialiste des énergies bas carbone TagEnergy a décidé d’installer sa plateforme de stockage de batteries. D’une capacité de 240 MW et 480 MWh, le projet comprend l’installation de 140 conteneurs de batteries, pouvant alimenter près de 20 % des besoins résidentiels des habitants de la Marne (un demi-million de résidents), d’après les estimations de TagEnergy. L’investissement engagé pour lancer ce projet n’est pas communiqué par l’entreprise.

Une capacité de stockage record

"Le projet de Cernay-lès-Reims est environ cinq fois plus grand, en termes de capacité de stockage, que le plus grand projet actuel en France, situé sur la commune de Saucats (Gironde)", lance Christophe Léonard, directeur associé de l’entreprise. Basé au Portugal, TagEnergy (60 collaborateurs ; CA : NC), qui a levé 450 millions d’euros en 2022, est contrôlée par TagEnergy SAS, une joint-venture entre le groupe Impala SAS, fondé par Jacques Veyrat, et la société d’investissement Exor N.V.

Depuis sa création en 2019, TagEnergy a constitué un portefeuille de plus de 6GW de technologies solaires, éoliennes et de stockage par batteries au Royaume-Uni, au Portugal, en Espagne, en France, en Italie et en Australie, dont 1,9 GW sont en construction ou en exploitation. "TagEnergy est fier d’annoncer ce projet phare en France, quelques semaines seulement après avoir connecté au réseau la première phase du plus grand parc éolien de l’hémisphère sud en Australie et la plus grande batterie du réseau de transmission aux Royaume-Uni", explique dans un communiqué Franck Woitiez, PDG de TagEnergy.

Opérationnel fin 2025

Les activités sur le site marnais ont démarré en avril 2024, avec des fouilles archéologiques menées par la Communauté Urbaine du Grand Reims. La construction devrait désormais démarrer en janvier 2025 et s’étaler sur une période de douze mois, pour une connexion au réseau prévue fin 2025. "La création d’emplois aura lieu principalement en phase de construction : environ une soixantaine d’ETP (équivalent temps plein) vont construire ce projet. Puis, en phase d’opération, le site sera opéré à distance et ne nécessitera pas, à part l’entretien de la verdure et de la maintenance, d’intervention permanente", appuie Christophe Léonard.

Concrètement, le parc sera constitué de 140 conteneurs de 9 mètres de long, contenant des batteries mais également des onduleurs, qui sont des équipements qui transforment le courant continu des batteries en courant alternatif. Les conteneurs seront reliés à des transformateurs électriques, permettant de faire monter la tension au niveau supérieur. Puis, en bout de chaîne, "à proximité immédiate du poste électrique public, il y aura un poste électrique privé à 225 000 volts", décrit Christophe Léonard.

Tesla comme partenaire

"Ces batteries sont fournies par Tesla, qui est le partenaire technologique", lance Christophe Léonard. Tesla réalisera l’intégration des batteries dans les conteneurs. "Ce sont des batteries au lithium-fer-phosphate (LFP), qui sont utilisées dans l’automobile. La chimie LFP est moins sujette à l’emballement thermique, ce qui est un avantage considérable au vu du nombre de batteries installées sur le même site", poursuit le directeur associé en France de TagEnergy.

Plus qu’un partenaire technique, Tesla est également le maître d’œuvre du projet. "Ce sont eux qui connecteront directement leurs batteries au réseau électrique, et qui apporteront les services directement à RTE. Cela reste un projet développé et piloté par TagEnergy, mais l’interface marché sera Tesla", précise Christophe Léonard.

Le choix de la Marne

Après une recherche de foncier menée sur l’ensemble du territoire français, TagEnergy s’est arrêté sur la commune de Cernay-lès-Reims : en plus de pouvoir accueillir trois hectares de projet de stockage d’énergie, le terrain choisi se situe à proximité d’un poste électrique public RTE doté d’une capacité de connexion "très significative", d’après l’entreprise. "De l’autre côté du projet, il y a l’autoroute A34. C’est intéressant, parce que notre souhait est de limiter l’impact de nos infrastructures, au niveau visuel et sonore. On est ici à 400 mètres des maisons les plus proches, dans un environnement assez bruyant. Donc, c’est vraiment très propice pour s’y intégrer", commente Christophe Léonard.

Christophe Léonard est le directeur associé en France de TagEnergy — Photo : Xavier-Alexandre Pons

Aucune aide publique

Le projet a pu se réaliser grâce à un montage financier soutenu par un consortium bancaire, réunissant la banque néerlandaise ABN AMRO, la banque commerciale allemande NORD/LB et la Caisse d’Épargne. En complément, l’entreprise n’a reçu aucune aide publique à ce stade. "C’est un point intéressant du projet. On a la conviction que les caractéristiques des batteries pourront apporter de la valeur sur le réseau de telle manière qu’on remboursera notre investissement", anticipe le directeur associé de TagEnergy en France. À ce stade, l’entreprise ne communique pas sur les rendements estimés du site marnais.

Un marché porteur

"Ce n’est que le début de l’aventure : on commence seulement à savoir stocker de l’électricité à grande échelle", estime Christophe Léonard. Dans l’un de ses scénarios de référence, RTE indique que 6 GW de batteries à horizon 2030 pourraient être nécessaires dans l’objectif d’atteindre le niveau de fiabilité recherché sur le réseau français. "C’est directement lié au développement des énergies renouvelables", continue le directeur associé de TagEnergy en France.

Le projet de TagEnergy est en effet calibré pour répondre à trois fonctions du paysage énergétique français : optimiser l’usage de la production électrique décarbonée, apporter une capacité critique pendant les périodes de forte demande, et renforcer la stabilité du réseau, avec un "temps de réponse quasi instantané", d’après l’entreprise. "La trajectoire définie dans la Programmation Pluriannuelle de l’Énergie, actuellement en consultation publique, prévoit une multiplication de la capacité par 2,5 pour l’éolien et par 4 pour le solaire d’ici 2035. Cette transformation majeure se doit d’être accompagnée d’un développement significatif des solutions de flexibilité. Aux côtés de la flexibilité de la demande, le stockage par batteries s’impose comme un pilier de cette transition", ajoute Christophe Léonard.

Reims # Production et distribution d'énergie # RSE # PME # Implantation