En 1997, le médecin du travail alerte les responsables de l'entreprise au sujet de salariés n'étant pas en état de travailler pour cause de problèmes d'alcool. Des avertissements qui font prendre conscience chez Sygenta de la possibilité de risques au travail liés à ce facteur alcool. «Une démarche a alors été mise en place en association avec tous les acteurs de l'entreprise et notamment les représentants du personnel. Cela a pris quelques mois car il fallait que l'idée mûrisse et surtout que l'on explique le sens de notre démarche tournée vers la prévention, pas la sanction» explique Alain Zanolli, directeur des ressources humaines.
Vers la prise de conscience
En partenariat avec la Cram une présentation du problème a été réalisée auprès du personnel. Par la suite des réunions de petits groupes et la distribution d'un questionnaire ont permis de révéler qu'au sein de l'entreprise comme dans la vie privée de nombreuses personnes étaient confrontées au risque alcool. Après avoir acheté des calculettes spéciales risque alcool, destinées à démontrer la multiplication rapide du facteur risque lié à l'alcool, et mis en place une limite alcool au self, un premier pas vers la prise de conscience s'est effectué: «Nous avions franchi un pallier car l'alcool était devenu un sujet de débat dans l'entreprise».
Mise en place d'une solution
«Nous avons avancé dans le désordre, en fonction du rythme de maturation des salariés». Après plusieurs autres réunions de sensibilisation chez Sygenta, l'entreprise a instauré une limite d'alcool dans le sang pour tous les salariés présents sur le site, de la même manière que pour un conducteur qui prend son véhicule. «Pendant un an et demi nous avons réalisé des tests d'alcoolémie à blanc auprès de groupes dans l'entreprise. En cas de dépassement il n'y avait pas de sanctions mais l'obligation de consulter le médecin du travail». Les nombreux contrôles réalisés au cours de cette période ont permis de prouver qu'un certain nombre de salariés dépassés la limite fixée par l'entreprise.
Résultats et sanctions
À la fin de la période de test, un groupe de volontaires, indépendants de la direction, a continué à organiser les réunions et démystifier cette thématique. Depuis, les pots alcoolisés ont été interdits sur le site: «L'objectif n'est pas de juger mais de faire des constats dans l'entreprise pour réagir. Après un an et demi nous avons décidé la possibilité d'effectuer des contrôles sur des groupes à risque pour l'entreprise ainsi que la possibilité de sanctions. Cette menace est essentielle pour avancer!»
Contact: 06.85.53.62.39
Avec une activité spécialisée dans la fabrication de produits phytosanitaires, Sygenta, utilise de nombreux process de fabrication et produits à risques sur son site classé Seveso de Saint-Pierre La Garenne, dans l'Eure.