Créée en 2016 par Éric Matysiak, Asman Technology s’apprête à franchir un nouveau cap industriel. Installée depuis plusieurs années dans la pépinière de l’aérodrome de Jonzac où elle occupe 90 % des locaux, l’entreprise spécialisée dans les transmissions sécurisées et la surveillance aérienne va bâtir son propre bâtiment de 1 700 m² sur le même site. Le montant de l’investissement s’élève à 2 millions d’euros.
Asman Technology y produira ses systèmes de transmission sécurisée, en maîtrisant l’ensemble de la chaîne : électronique, radiofréquence, logiciels et intégration aéronautique. Ses solutions équipent avions, hélicoptères, aérostats et drones pour des missions de surveillance, de sécurité ou de cartographie aérienne.
"Nous avons atteint les limites de l’espace disponible. Ce nouveau bâtiment va nous permettre de regrouper nos bureaux, nos ateliers et notre hangar aérien", explique Dominique Désveaux, le directeur commercial. La mise en chantier est attendue avant la fin de l’année pour une livraison courant 2027. L’entreprise, qui emploie actuellement une quinzaine de personnes, prévoit de créer une dizaine de postes supplémentaires d’ici deux ans. Son chiffre d’affaires de près de 4 millions d’euros en 2024 devrait doubler cette année, tiré par la croissance de la demande dans le domaine de la défense et de la sécurité.
Le radar ReGuard au cœur de la stratégie
Asman Technology a lancé cet automne une série de démonstrations du radar 3D multirôle ReGuard, développé en partenariat avec la société tchèque Retia, spécialisée dans le développement militaire. Compact et déployable en moins de dix minutes, ce radar détecte jusqu’à 200 cibles simultanément sur une portée de 18 km. Il s’adresse aux acteurs civils et militaires de la lutte anti-drones, de la surveillance terrestre et de la protection de sites sensibles. "Le radar suscite un fort intérêt. Nous recevons chaque semaine des opérateurs et intégrateurs venus tester ses performances en conditions réelles." La signature de ce partenariat avec Retia, annoncé en juillet 2024, renforce la position d’Asman sur le marché des solutions de détection des drones (Counter-Unmanned Aerial Systems, C-UAS), en plein essor avec l’intensification des conflits et des menaces aériennes.
Ouverture à l’international et vol opérationnel
Déjà présente en Afrique pour des missions de surveillance des frontières dans le cadre de la lutte anti-terroriste, Asman Technology mise désormais sur son développement à l’export, en particulier en Europe de l’Est, avec l’appui du programme 360 Export de la Région Nouvelle-Aquitaine et de Team France Export. Dans un contexte géopolitique tendu, l’entreprise charentaise compte bien tirer parti de la demande croissante en technologies souveraines de surveillance.
Asman Technology doit aussi son essor à l’avion dont elle s’est dotée l’an dernier pour réaliser elle-même ses tests et certaines missions. "Nous faisons tout en interne, de la conception au vol opérationnel. Cette maîtrise garantit notre réactivité et la qualité de nos systèmes. Avec notre nouvel avion, nous réalisons notamment des missions pour l’Office français de la biodiversité afin de dénombrer les mammifères marins le long des côtes françaises. On va faire des missions pour GRT Gaz pour évaluer les technologies, pour les aider à mieux anticiper la gestion du réseau", détaille Dominique Désveaux.