La satisfaction se lit sur les visages de Philippe Lecornue, président de Porc Armor Évolution, et d’André Bloc’h, directeur de la coopérative d’éleveurs de porc costarmoricaine. "Alors que le marché du porc charcutier en France a baissé de 0,5 % en 2024, notre production a progressé de 4,13 % pour finir l’année à 2,05 millions de porcs commercialisés, ce qui représente 12 % des parts du marché de la production porcine", se félicite le premier nommé. 57 % de ces porcs ont été commercialisés en filière, c’est-à-dire sous un label.
Un prix en baisse mais une rentabilité retrouvée
La coopérative basée à Loudéac a vu ses 563 adhérents, répartis sur 23 départements du grand Ouest, retrouver leur rentabilité. Ceci malgré une baisse du prix moyen du porc fermier de 12,74 % sur un an au Marché du Porc Fermier, qui s’impose aux acteurs.
Mais les charges, notamment les aliments qui représentent 72 % des charges de l’éleveur, ont beaucoup baissé également. Porc Armor Évolution, en charge de la commercialisation des porcs, pointe aussi la hausse de la productivité de ses éleveurs, notamment grâce à ses outils de pilotage. "Le maître mot est de maîtriser les coûts de production", assène le président élu depuis 2016.
Entre 33 et 34 porcelets sevrés par truie
Mais aussi grâce aux groupes de progrès, répartis sur le territoire de la coopérative, qui permettent d’échanger expériences et bonnes pratiques. "Il y a de très grandes disparités entre les éleveurs, concède Philippe Lecornue, lui-même éleveur dans la Sarthe. Ces groupes réconfortent ceux qui ont des faiblesses techniques." Et enfin grâce aux progrès de la génétique et de la bio sécurité. Cette productivité en hausse s’élève à 33,71 (pour les élevages naisseurs) et 34,1 (pour les naissages associatifs) porcelets sevrés par truie chaque année.
La coopérative a enregistré des installations et adhésions nouvelles
21 nouvelles adhésions (contre 15 en 2023) et 17 installations de jeunes éleveurs (ils étaient 10 l’année précédente) ont été enregistrées. Deux salariés de la coopérative (sur 70) sont entièrement dédiés à ces nouvelles adhésions, avec un appui global.
Ces installations permettent de voir venir plus sereinement les futurs départs à la retraite, puisque 40 % des adhérents sont âgés de plus de 55 ans. La tendance est à la diminution des sites mais à l’augmentation de leur taille. "La moyenne est de 250 truies par site, elle était de 180 truies il y a 10 ans", souligne le dirigeant. Le succès des naissages associatifs (les éleveurs s’associent dans ce domaine pour s’occuper ensuite dans leurs élevages respectifs de l’engraissement), au nombre de 27 et qui devraient s’élever à une trentaine dans les 3 ans, participe à ce mouvement.
Des aides au recrutement pour les adhérents
En revanche, il existe une tension sur les recrutements. Porc Armor Évolution propose depuis fin 2024 une plateforme à ses salariés qui accompagne les recherches de collaborateurs et les forme aux "fondamentaux de l’élevage".
Autre événement, le 1er janvier 2025, la coopérative a procédé à la création d’une filiale chargée du transport des animaux, "pour aller au bout de notre métier", précise André Bloc’h, directeur de la société. Baptisée Transport Armor, cette SAS transporte aujourd’hui un tiers des porcs produits par les adhérents.
Elle les achemine notamment vers les clients de Porc Armor Évolution, les abattoirs, dont Bigard pour un tiers des volumes, Bernard (groupe Jean Floc’h), Kerméné (Hypers Leclerc) et d’autres.