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Sur fond de crise du secteur, le financement participatif des projets immobiliers diminue en 2024
France # Immobilier # Conjoncture

Sur fond de crise du secteur, le financement participatif des projets immobiliers diminue en 2024

Forvis Mazars et France FinTech ont publié la 6e édition du baromètre sur le financement participatif en France, témoignant d’un repli important des projets immobiliers. Un recul qui s’inscrit dans la crise du secteur. Crise qui a notamment poussé les plateformes à renforcer leurs critères de sélection.

Le crowdfunding a financé moins de projets immobiliers en 2024 — Photo : kirill_makarov - stock.adobe.com

En 2024, 861 millions d’euros ont été collectés sur des plateformes de crowdfunding pour des projets immobiliers. Une baisse de 25,8 % par rapport à 2023, selon le dernier baromètre sur le financement participatif en France, réalisé par Forvis Mazars et France FinTech. Une baisse en lien, non seulement avec la diminution du crowdfunding de 17,1 % en 2024, mais surtout avec la crise que traverse l’immobilier.

Une nette augmentation des indicateurs de risque

Pour la deuxième année consécutive, le montant collecté pour des projets immobiliers diminue. La part qu’ils représentent parmi tous les projets des plateformes de crowdfunding diminue également nettement. Ils représentaient 68,2 % des projets financés en 2022, contre à peine la moitié en 2024, soit une baisse de plus de 30 %.

Les indicateurs de risque ont nettement augmenté au cours de l’année passée. À commencer par les retards : "la progression notable des retards constatée en 2023 s’est poursuivie en 2024", relève le baromètre sur le crowdfunding. Entre 15 % et 20 % des projets en cours enregistrent un retard d’au moins six mois, et entre 8 % et 12 % un retard de moins de six mois. Des retards qui ont débouché pour certains sur des procédures collectives. L’immobilier est un des secteurs les plus touchés par les défaillances d’entreprises.

Les plateformes plus strictes sur les conditions d’accès au crowdfunding

Pour se protéger des faillites, les plateformes "ont encore resserré leurs critères d’octroi : taux de pré-commercialisation élevé, exigences accentuées sur la santé financière, préférence aux opérations sans travaux ou avec des travaux de rénovation mineure […]", note le baromètre. Et ces plateformes prennent "de manière quasi systématique des garanties auprès des porteurs de projet (hypothèques de 1er rang, fiducie, etc.)".

Des exigences que peu de projets arrivent à satisfaire. Résultat : "à peine plus d’un projet sur dix est mis en ligne sur les plateformes de crowdfunding immobilier", selon Forvis Mazars et France FinTech.

France # Immobilier # Conjoncture # Levée de fonds