Suderiane passe à la semaine de quatre jours après une année de construction collective
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Suderiane passe à la semaine de quatre jours après une année de construction collective

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Passer à la semaine de quatre jours de travail ne se fait pas d’un claquement de doigts. Chez Suderiane, PME spécialiste des services informatiques et filiale du groupe lyonnais IT Partner, ce changement s’est construit pendant une année. Il est effectif depuis le 1er janvier 2025 pour ses 28 salariés, à Manosque (Alpes-de-Hautes-Provence) et La Seyne-sur-Mer (Var).

Une partie des équipes de la PME Suderiane, qui sont basées à Manosque et à La Seyne-sur-Mer. — Photo : Suderiane

Depuis le 1er janvier 2025, les 28 salariés de la PME Suderiane ont adopté la semaine des quatre jours. Ils sont spécialistes de l’infogérance et des télécoms et travaillent à Manosque et La Seyne-sur-Mer. Ce changement de rythme de travail était devenu une évidence depuis l’intégration dans le groupe lyonnais IT Partner (120 collaborateurs, CA : 20 M€). "Chez IT Partner, les salariés travaillent 4 jours par semaine depuis le 1er janvier 2021. À l’époque, j’avais participé à la mise en place en tant que déléguée du personnel", raconte Marine Lambert, qui, en devenant directrice de Suderiane (CA : 3,60 M€) il y a un peu plus d’un an, continuait de bénéficier de cet accord d’entreprise sur le temps de travail. Il lui semblait dès lors "indispensable" d’installer ce même accord au sein de la filiale.

Une représentation de tous les métiers

De son expérience passée, elle sait qu’un tel changement ne se fait pas d’un claquement de doigts. Elle sait aussi qu’il peut provoquer de l’inquiétude et donc de la réticence de la part de certains salariés. Comme quatre ans plus tôt chez IT Partner, Marine Lambert associe le CSE dans la mise en œuvre pour une construction collective du projet. "Ce dialogue était d’autant plus indispensable que pas loin des deux tiers des salariés bénéficiaient du télétravail et allaient devoir y renoncer", confie la directrice.

En quelques semaines, une communication interne est déployée pour expliquer les bénéfices d’un tel changement, des sondages sont réalisés auprès des collaborateurs et un groupe de travail est créé. "Nous avons réuni les délégués du personnel et deux autres collaborateurs pour avoir une représentation complète des métiers de l’entreprise", explique Christelle Seferian, coordinatrice d’équipe chez Suderiane et membre titulaire du CSE depuis un an.

Marine Lambert, directrice de Suderiane — Photo : Luc Vang - lvisuel

Rassurer pour obtenir l’adhésion de tous

En un peu moins d’un an, il a fallu réunir l’adhésion de tous au projet. "Nous étions déjà trois salariés, à La Seyne-sur-Mer, à pratiquer la semaine des quatre jours et avons pu échanger avec les autres collaborateurs. À Manosque, cela a été plus difficile, parce que, c’est humain, le changement provoque toujours de l’inquiétude. Les salariés se demandaient s’ils allaient réussir à faire le même travail en quatre jours au lieu de cinq", explique Marine Lambert.

"Les salariés se demandaient s’ils allaient réussir à faire le même travail en quatre jours au lieu de cinq."

D’autant que le changement de la durée de travail n’induit pas le recrutement de collaborateurs supplémentaires. "À Lyon, comme à Nancy où nous avons également des équipes, nous avons réussi, à effectif constant et nous avons ainsi pu rassurer", ajoute la directrice.

Une nouvelle organisation hebdomadaire

L’investissement des collaborateurs est aussi réel pour réussir. Quant aux managers, ils jouent un rôle essentiel, car ils sont les garants de la bonne application : "Ils doivent veiller au grain pour que chaque collaborateur organise, en autonomie, sa charge de travail sur quatre jours. Depuis le début de l’année, je fais des points hebdomadaires avec les managers sur le sujet", confie Marine Lambert.

Il a aussi fallu organiser le travail des 28 salariés tout en maintenant la continuité de services sur cinq jours. "En concertation avec les collaborateurs, nous avons validé le principe de l’alternance. Dans chaque service, les salariés avaient le choix entre le mercredi, le jeudi et le vendredi. Ce choix vaut pour un trimestre, puis, il y a un roulement qui s’effectue tous les trois mois avec une programmation à l’année", détaille Christelle Seferian, qui ajoute "avoir rapidement pris goût à cette troisième journée hebdomadaire sans travail. Elle permet de faire tout ce qu’on n’a pas le temps de faire le reste du temps."

Dans chaque service, il reste toujours au moins une personne en poste pour répondre aux clients et "dans la mesure du possible, nous avons essayé de répondre aux contraintes d’organisation de chacun", ajoute Marine Lambert.

Un pouvoir d’attraction renforcé

Avant le saut dans le grand bain, des tests ont été réalisés au mois de décembre : "nous avons simulé un jour off pour vérifier que cela pouvait fonctionner." Puis, un accord d’entreprise temporaire a été signé avec le CSE pour un an et en fin d’année 2025, "nous le validerons définitivement", espère Marine Lambert.

Dans quelques mois, la directrice pourra aussi évaluer la performance d’un tel changement. "À Lyon et Nancy, nous avions noté une augmentation de la productivité." Elle est par ailleurs convaincue que s’il y a une réelle volonté de changement, cela fonctionne.

Puis, cerise sur le gâteau, "la semaine des quatre jours permet d’attirer de nouveaux profils, des personnes avec enfants, des personnes à la recherche d’une certaine stabilité, dans un secteur, l’informatique, où le turnover est quasi permanent." Elle est aussi synonyme de réduction du taux d’absentéisme, d’augmentation du bien-être, d’impact moindre sur la planète, etc.

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