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Strasbourg : Les syndicats s’inquiètent pour la pérennité d’Alcatel Lucent Enterprise
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Strasbourg : Les syndicats s’inquiètent pour la pérennité d’Alcatel Lucent Enterprise

L’intersyndicale CFDT et CFE-CGC d’Alcatel Lucent Enterprise (ALE) lance un mouvement de grève sur l’ensemble des sites français de l’entreprise : Brest (29), Colombes (92), Illkirch-Graffenstaden (67) et Sophia Antipolis (06). Elle s’interroge sur la stratégie du nouvel actionnaire, le chinois Huaxin, suite à l’annonce d’un second plan social, et dénonce «un résultat à l’opposé des intentions affichées ».

Fin septembre dans le cadre de son plan « Vision 2020 », le nouveau directeur général d’Alcatel Lucent Enterprise (ALE), Lixin Chen, a annoncé la suppression en France de 100 postes d’ici à la fin de l’année. C’est le deuxième plan social décidé cette année par le fonds d’investissement chinois Huaxin, qui a racheté l’activité de télécommunication pour les entreprises du groupe Alcatel il y a deux ans.

Le premier PSE avait entraîné le départ de 142 salariés au 30 juin, sur la base du volontariat, sur un effectif total de 1.183 personnes. Des départs répartis entre les quatre sites d’ALE en France, dont le site de Sophia Antipolis, qui n’emploie plus que 5 personnes et doit fermer ses portes.

En Alsace, le site d’Illkirch emploie aujourd’hui environ 450 personnes. « Une quarantaine de personnes ont décidé de quitter l’entreprise dans le cadre du premier PSE, et 26 personnes sont concernés par ce second », indique Stéphane Bellamio, délégué syndical CFDT du site alsacien.

« Ce que l’on dénonce, c’est ce PSE et une gestion « Excel » de l’entreprise, c’est-à-dire fondée sur une analyse purement factuelle du bilan, sans prendre en compte ni la réalité du terrain, ni l’aspect humain, ni les leviers potentiels de développement que représenteraient par exemple le développement de nouvelles activités ou l’internalisation d’activités actuellement sous-traitées en Inde notamment », explique le délégué syndical. Celui-ci rappelle la volonté affichée par Huaxin il y a deux ans d’investir de façon conséquente avec l’ambition « de devenir les leaders mondiaux de notre secteur ». Ces investissements attendus n’ont pas été réalisés.

« Nous connaissons la situation financière de l’entreprise, qui ne va pas très bien », poursuit-il. ALE a terminé 2015 avec un chiffre d’affaires de 515M€, en légère progression mais avec un déficit de 70.000€. « Mais nous considérons que réduire les effectifs ne résoudra pas le problème. Ce n’est pas en nous enlevant nos muscles que l’on pourra courir le jour où on nous le demandera. Nous avons fait appel à un cabinet d’expertise comptable afin d’avoir une vision claire de la situation de l’entreprise, chiffrer les sources d’économies ainsi que les leviers potentiels que nous avons déjà identifiés. Nous sommes prêts à échanger avec la direction sur ces pistes », annonce Stéphane Bellamio.

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