STMicroelectronics est devenu le mois dernier le 37egrand groupe signataire du Pacte PME. «C'est un engagement d'ampleur national, souligne Patrice Chastagner, P-dg de STMicroelectronics France. Mais nos relations avec les PME ne démarrent pas aujourd'hui! Notre groupe travaille avec 2.800 entreprises, dont la moitié est constituée de PME de moins de 250 salariés. Notre chiffre d'affaires global avec les PME représente 140M$ par an sur nos sites français. Nous avons la volonté d'aller plus loin que la pure relation de business et de fournir une aide sensible à ces PME.» C'est l'esprit même de ce Pacte PME, comme l'explique Emmanuel Leprince, directeur général de cette association créée en juin2010 (www.pactepme.org). «L'objectif est de placer les PME françaises dans les grands groupes et de les renforcer pour qu'elles deviennent des Entreprises de taille intermédiaire (ETI). Les signataires s'engagent à mettre en oeuvre 27 bonnes pratiques et, au contraire, à ne pas appliquer aux PME sept mauvaises pratiques que nous avons identifiées. Les grands groupes donneurs d'ordre sont ainsi respectueux de leurs partenaires sous-traitants et fournisseurs.» Le soutien des grands groupes aux PME concerne en premier lieu les politiques d'achats, mais également un soutien à la formation et au management. Pour que l'engagement ne s'arrête pas à une signature, le Pacte PME demande une adhésion annuelle de 10.000€, une transparence des actions avec un dossier à soumettre à l'association et une enquête de vérification auprès des PME. «Nous gardons la possibilité d'exclure un groupe s'il ne respecte pas ses engagements», souligne Emmanuel Leprince.
Fertilisation croisée
Pour autant, «les relations PME - grands groupes ne sont pas toujours roses», rappelle Louis Zangara, vice-président de Dolphin integration, un fournisseur en microélectronique de circuits à signaux mixtes, dont 20% du chiffre d'affaires est réalisé avec STMicroelectronics. «Les groupes doivent accepter de prendre des risques avec les PME: choisir un petit permet d'avoir de la réactivité, de l'innovation, des coûts compétitifs... Tous les projets ne doivent pas forcément passer par des appels d'offres: le grand groupe peut délibérément choisir une PME performante pour la faire grandir. Plus important encore, le groupe doit être citoyen et patriotique: à compétences égales, il devrait favoriser la PME française et locale! Autre point: les groupes sont opaques, les chaînes de décision ne sont pas claires pour les PME. Qui décide, à qui présenter nos solutions?» Patrice Chastagner admet que le manque de visibilité des groupes est «une critique valable. Par nature même, un grand groupe est complexe, et il n'est pas évident de savoir qui a le dernier mot. Notre objectif avec cet engagement est d'avoir des PME en bonne santé, dans un intérêt bien compris: en tant que premier employeur privé de l'Isère, nous ne pouvons pas être seuls en bonne santé dans une région sinistrée... Nous nous définissons comme un acteur majeur, avec des droits et des devoirs, qui nous poussent à être dans la société au sens large, dans une logique de fertilisation croisée.»
STMicroelectronics
P-dg France: P.Chastagner Effectif monde: 53.000 CA 2010: 10,35 Md$ www.st.com