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Sous-traitant pour les parfumeries de luxe, Jenniver demande l’aide du tribunal de commerce de Dieppe
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Sous-traitant pour les parfumeries de luxe, Jenniver demande l’aide du tribunal de commerce de Dieppe

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Basée à Longroy (Seine-Maritime) et employant 85 personnes, la société Jenniver, spécialisée dans le tri et le contrôle qualité des flacons en verre pour les parfumeries de luxe, est en difficulté. La gérante de la PME a déposé un dossier auprès du tribunal de commerce de Dieppe, rapporte la presse locale. Elle sera reçue en audience ce vendredi 17 octobre.

Jenniver est une PME de Longroy spécialisée dans le tri de flacons en verre destinés au luxe — Photo : Václav Mach

Les salariés de l’entreprise Jenniver attendaient la nouvelle depuis plusieurs jours. La dirigeante de la PME de Longroy (Seine-Maritime), Jennifer Lefebvre Blin a déposé un dossier auprès du tribunal de commerce de Dieppe le 15 octobre, rapporte le journal Paris Normandie.

Spécialisée dans le tri du verre et le contrôle qualité pour des parfumeries de luxe, la PME de 85 salariés risque un redressement voire une liquidation judiciaire, selon la décision du tribunal, qui interviendra ce vendredi 17 octobre.

La PME n’est "plus en mesure de payer ses cotisations sociales"

Entreprise de la Glass Valley, Jenniver fait face à d’importantes difficultés économiques. Son résultat net, déficitaire entre 2018 et 2020, a de nouveau plongé en 2024 (-142 000 euros), après un sursaut de deux ans.

Selon une lettre adressée au préfet il y a quelques jours par plusieurs élus locaux et syndicats inquiets, "Jenniver n’est plus en mesure de payer ses cotisations sociales et ses traites depuis le mois de juillet dernier", rapporte encore Paris Normandie.

Une faible valorisation du tri des flacons de verre

La cause des difficultés financières de l’entreprise ne serait pas tant le manque de commandes, selon une lettre ouverte de Laurent Jacques, maire du Tréport et conseiller départemental (PCF). Il s’agirait plutôt de la faible valorisation du tri des flacons. "Sur un flacon de parfum de luxe vendu autour de 120 euros, 3 à 5 euros seulement reviennent à l’industrie verrière dans ses différentes composantes, production du flacon, décor, tri…", déplore l’élu dans son courrier.

Selon Sébastien Jumel, président de l’agglomération Dieppe-Maritime et ancien député, le tri est valorisé à "40 euros pour le tri de mille flacons, soit 4 centimes perçus par flacon", cite Paris Normandie.

85 emplois menacés dont 30 chez Verescence

Les syndicats CFDT et CGT ainsi que les élus locaux ont appelé à une marche de soutien dimanche 19 octobre à Longroy. Ils craignent une suppression des emplois des 85 trieurs employés par Jenniver, dont 50 travaillent sur le site de Longroy et 30 chez le principal client de la PME, Verescence. La société fondée en 2003 avait déjà été placée en redressement judiciaire en 2010, avant d’en sortir un an plus tard, et de continuer ses activités.

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