SLB, Tekever, Aubert & Duval, Cémoi : les investissements qui marqueront 2026 en Occitanie
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SLB, Tekever, Aubert & Duval, Cémoi : les investissements qui marqueront 2026 en Occitanie

Le contexte politique et économique pèse sur les intentions d’investir des dirigeants occitans. Mais de nombreuses filières affichent leur résilience, comme l’industrie, la transition écologique, l’ingénierie et les services à haute valeur ajoutée.

SLB Béziers mobilise 70 millions d’euros dans la construction d’un nouvel atelier dédié aux énergies nouvelles — Photo : LEE_MAWDSLEY

SLB Béziers se transforme pour équiper l’éolien flottant

Le groupe américain SLB (ex-Schlumberger) mobilise quelque 70 millions pour son site de Béziers (500 salariés) dans l’Hérault, l’ex-usine Cameron, afin d’y construire un nouvel atelier d’une superficie de 6 000 m2. Opérationnel à la fin 2026, il permettra de produire des pièces métalliques de grandes dimensions à destination des nouvelles filières énergétiques, notamment l’éolien flottant. Il sera doté d’une chaîne de production comprenant des machines d’usinage, de soudure, d’ébavurage, de sablage et de peinture. Il s’agit d’une nouvelle transformation pour le site biterrois, historiquement dédié aux pièces métalliques pour l’industrie pétrolière. Par ailleurs, SLB Béziers héberge et accompagne aussi l’entreprise Genvia (une joint-venture avec le CEA), fabricant d’électrolyseurs pour la production d’hydrogène décarboné.

Tekever lance sa production française de drones

L’entreprise portugaise Tekever (1 000 collaborateurs), l’un des principaux fournisseurs européens de systèmes autonomes pilotés par intelligence artificielle, va investir 100 millions d’euros en 5 ans pour implanter des centres d’excellence sur les drones à usages civils et militaires en Occitanie et en Nouvelle-Aquitaine. Cet investissement se doublera du recrutement d’une centaine de collaborateurs. Outre la production, ces sites regrouperont la R & D, le développement de produits et les tests de drones. Le premier d’entre eux sera basé à l’aérodrome de Cahors-Lalbenque, situé au cœur du parc d’Activités de Cahors Sud (Lot). La filiale française de Tekever, qui emploie pour l’heure une dizaine de collaborateurs, s’était établie en 2024 à Ramonville-Saint-Agne (Haute-Garonne) pour développer son activité spatiale.

Tekever ambitionne de devenir le premier acteur mondial dans le domaine de la défense et de la sécurité autonomes basées sur l’IA — Photo : Tekever

Aubert & Duval modernise son outil industriel

Aubert & Duval (4 100 collaborateurs, CA 2024 : 844 M€), fabricant et concepteur de pièces pour l’aéronautique, la production d’énergie et la défense, rachetée en 2023 par une holding réunissant Airbus, Safran et Tikehau Capital, a accueilli sur son site de Pamiers (Ariège), où elle emploie 1 150 salariés, les pièces d’une nouvelle presse à forger de 6 000 tonnes de puissance, qui doit entrer en fonction au deuxième trimestre 2026. Commandée au groupe allemand SMS Group, cette machine remplacera une installation datant de 1932 et mobilise un investissement de 75 millions d’euros. Elle permettra à Aubert & Duval de forger des pièces de grande dimension, destinées à l’aéronautique et aux futurs moteurs civils et militaires. Par ailleurs, l’ensemble des fours à gaz de l’atelier sera remplacé par des équipements électriques, décarbonation oblige.

Qair ouvre la voie à l’hydrogène vert avec Hyd’Occ

En début d’année 2026, l’énergéticien montpelliérain Qair (730 salariés) mettra en route la première tranche d’Hyd’Occ, la plus grande usine française d’hydrogène vert en termes de puissance (20 MW), bâtie à Port-la-Nouvelle (Aude). Cofinancée à hauteur de 200 millions d’euros avec l’Agence régionale énergie climat, elle a aussi reçu le soutien financier de la Région Occitanie, de l’Ademe et de l’Europe. La première tranche permettra de produire 3 000 tonnes d’hydrogène vert par an, tandis que la deuxième, espérée d’ici 2028, portera ce seuil à 6 000 tonnes, ouvrant la voie à une production décarbonée de masse. Qair a déjà signé un contrat de vente avec Plug Power, fabricant de piles à combustibles américain. Mais Hyd’Occ vise aussi à alimenter en circuit court le réseau de 10 stations de distribution que Qair bâtit en Occitanie et à proximité.

L’usine Hyd’Occ pendant sa phase de construction — Photo : Drone Qair

Cémoi muscle ses sites de production en France

Filiale française du groupe belge Baronie, le chocolatier Cémoi (1 800 salariés, CA 2024 : 760 M€), dont le siège se trouve à Perpignan (Pyrénées-Orientales), lance un plan d’investissement de 40 millions d’euros sur trois ans afin de muscler sa croissance en BtoB et de conforter sa position de leader européen du chocolat à marque de distributeur. À Perpignan, site historique du groupe, plus de 10 millions d’euros sont fléchés d’ici 2026 pour moderniser les lignes de production, avec notamment l’arrivée d’une ligne de poudre de cacao transférée d’Allemagne. Cémoi va aussi investir dans la fabrication de palets et de gouttes visant le marché professionnel en Normandie (3 M€), de guimauve dans le Nord (2,6 M€) et de pâte de fruits en Savoie (1,5 M€). Le groupe ambitionne de dépasser le milliard d’euros à l’horizon 2030.

Le MEETT de Toulouse aura son complexe hôtelier

Toulouse events, filiale de GL events (5 800 collaborateurs, CA 2024 : 1,6 Md €) qui gère le parc des expositions de Toulouse, a annoncé la future concrétisation du projet de complexe hôtelier du MEETT (100 événements accueillis en 2024), afin de répondre aux attentes d’hébergement des congressistes. Après le dépôt du permis de construire en 2025, les travaux doivent débuter en 2026 pour une livraison potentielle en 2028. Ils donneront vie à un hôtel 4 étoiles, composé de 250 chambres et de restaurants, qui nécessitera un investissement de 42 millions d’euros. Le financement impliquera des acteurs publics et privés, dont Oppidéa Europolia, ARAC Occitanie, la Banque des Territoires et GL events. L’hôtel sera géré sous la marque Hyatt. Son design, voulu sobre et fonctionnel, est conçu par le cabinet toulousain d’architectes Taillandier.

V Studios renforce France Télévisions à Montpellier

Après avoir créé un pôle de production de 16 000 m2 en 2018 à Vendargues (Hérault), près de Montpellier, France Télévisions construit V Studios, nouvelle infrastructure de tournage de 2 hectares, sur un terrain voisin de 11 hectares. Moyennant 30 millions d’euros d’investissement, elle rajoutera, aux 4 plateaux de tournage positionnés sur le site actuel, 4 plateaux supplémentaires d’une surface unitaire allant de 300 à 800 m2. Un complexe de 8 000 m2 intégrera aussi un espace de stockage, des loges, des bureaux et des restaurants. Il sera complété par un terrain de 2 500 m2 aménagé pour des tournages en extérieur. Livrable en début d’année 2026, V Studios pourra accueillir tout type de tournages (films, séries), mais aussi des programmes de flux comme des jeux ou des émissions de divertissement en public.

Cykero mise sur le recyclage électronique

Spécialisée dans la fourniture d’ordinateurs et smartphones reconditionnés, la société allemande Cykero va bâtir un technocentre totalement robotisé à Montpellier. Ce bâtiment de 3 500 m2 permettra de reconditionner d’importants volumes de matériels (smartphones, tablettes ou ordinateurs de marque Apple et Samsung) afin de répondre à la demande des grands comptes. Employant 15 salariés (pour 27 M€ de CA), Cykero travaille notamment sur l’optimisation des process et vise la réparation totale des composants de smartphones, avec un taux de retour SAV inférieur à 2 % (contre 15 % en moyenne). L’ouverture de l’usine, prévue fin 2026, s’accompagnera de la création de 160 postes. L’investissement se monte à 21 millions d’euros. Jusqu’ici basée en Île-de-France, la filiale Cykero France s’implante aussi à Montpellier à cette occasion.

Freyssinet Aero lorgne le marché de la défense

Productrice de pièces et ensembles mécaniques pour l’aéronautique à Coufouleux (Tarn), Freyssinet Aero mobilise une enveloppe de 17 millions d’euros pour s’agrandir et s’équiper en machines supplémentaires. Une extension de 4 500 m2 va ainsi s’ajouter aux 11 800 m2 existant. Sa livraison est prévue au début de l’été 2026, moyennant un coût de 4,5 millions d’euros (installations solaires comprises). Le reste de l’investissement sera consacré aux machines d’usinage principalement. Cette surface supplémentaire doit répondre dans un premier temps aux besoins croissants liés au développement endémique de l’activité et à doter la PME de 130 salariés (qui vise un CA de 35 M€ en 2025) de moyens de production supplémentaires en vue d’un relais de croissance nouveau : le secteur de la Défense. De 10 % du chiffre d’affaires aujourd’hui, il pourrait monter à 50 % à terme.

Dans le Tarn, Freyssinet Aero mobilise une enveloppe de 17 millions d’euros pour s’agrandir — Photo : Florence AT

MKL Green Nature triple sa capacité de production

Le laboratoire MKL Green Nature (130 salariés), entreprise de cosmétiques bio basée à Escalquens (Haute-Garonne), qui fabrique puis commercialise ses produits (gels douche, shampooings, savons, déodorants, crèmes, baumes à lèvres…) dans plus de 9 000 pharmacies et parapharmacies françaises et les exporte dans une trentaine de pays, investit 12 millions d’euros dans une usine de fabrication de 6 000 m2 accolée au bâtiment de son siège. Cette dernière devrait voir le jour au premier trimestre 2027, le chantier étant déjà en cours. Objectif de MKL Green Nature : tripler son volume de production dans les deux ans. L’entreprise veut notamment se renforcer à l’export. À la fin de l’été 2025, son dirigeant Ludovic Mathieu a fait part d’un futur partenariat avec l’un des plus grands distributeurs chinois, opérant dans près de 100 000 pharmacies à travers le pays.

Newcleo implante un centre d’innovation dans le Gard

Basée à Paris et implantée à Lyon et Turin, la start-up Newcleo (1 100 salariés, CA 2024 : 50 M€), spécialisée dans le développement de petits réacteurs modulaires (SMR), va construire un centre d’innovation et de formation à Chusclan (Gard), près du site de Marcoule. Il sera destiné à soutenir le développement de sa ligne pilote de combustible innovant en France. Totalement dépourvu de matière nucléaire, ce complexe baptisé "Faster" accueillera des espaces dédiés à l’ingénierie et la maintenance, des infrastructures de formation avancées (réalité virtuelle et augmentée, simulateurs, etc.), des ateliers de développement et de qualification pour tester et optimiser les processus de fabrication. Newcleo prévoit l’embauche d’une centaine de collaborateurs lors de la mise en service. L’investissement dépasse les 10 millions d’euros.

Euralox veut rebooster la filière française de l’alumine

La start-up aixoise Euralox (5 salariés, CA 2023 : 1,5 M€) a conçu un procédé recyclant les déchets à haute teneur en alumine, utilisée pour produire l’aluminium. Son ambition : relancer une filière en France en limitant l’importation de bauxite (nécessaire à la fabrication de l’alumine). Pour cela, Euralox investit 8 millions d’euros pour bâtir, près d’Alès (Gard), une usine de 4 700 m2 dédiée au traitement des matériaux contenant de l’alumine. Elle intégrera un site de production (2 500 m2) et un espace de stockage (1 500 m2). Les besoins en personnels seront réduits, Euralox ne tablant que sur une dizaine d’embauches. La poudre issue de son process sera destinée à divers clients industriels, dans l’aéronautique, la cosmétique ou le luxe. À l’ouverture, l’usine produira 5 000 tonnes de poudre par an, avant d’atteindre les 10 000 tonnes d’ici 2028.

Cart’Elec emménage dans sa nouvelle usine

L’entreprise Cart’Elec (30 salariés, CA 2023 : 2,50 M€), basée à Saint-Affrique (Aveyron), qui conçoit et produit des cartes électroniques et des systèmes de câblage, mobilise une enveloppe de 4,7 millions d’euros dans la construction de son usine. Celle-ci s’établira dans la zone industrielle des Lauras à Roquefort-sur-Soulzon. L’entreprise prévoit de s’y installer au premier trimestre 2026. Le bâtiment abritera 1 500 m2 de surface de production et 600 m2 pour le service administratif, le service qualité et le bureau d’études. Cart’Elec va ainsi tripler sa surface. Fort de ces nouveaux moyens, son président fondateur Pierre Senegas veut améliorer l’offre globale de l’entreprise et tenter de décrocher des certifications pour le marché aéronautique et spatial et pour le secteur des dispositifs médicaux.

La Côte et l’Arête crée son laboratoire gastronomique

Créée à Toulouse par les frères jumeaux Benoît et Ivan Chambon, l’enseigne de restauration bistronomique La Côte et l’Arête (250 collaborateurs, CA : 30 M€), détenue par la société 2C Gestion, investit 4 millions d’euros dans l’acquisition d’un terrain et la construction d’un bâtiment de 1 100 m2 à Balma (Haute-Garonne). Celui-ci abritera son siège social et un laboratoire de production qui permettra d’apporter davantage de variétés aux plats servis dans ses différents établissements. Dans ce nouveau bâtiment sera aussi rapatrié le siège social et les installations frigorifiques de La Pyrénéenne de Viandes (8 collaborateurs), une entreprise régionale spécialisée dans le négoce de viandes, aujourd’hui basée à Pinsaguel (Haute-Garonne), et que les frères Chambon ont acquis à 100 % en juillet 2024 (ils en possédaient 50 % depuis une dizaine d’années).

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