C'est au cœur de Paris, dans le très chic 8e arrondissement, que Sifas a ouvert le 2 mars dernier son cinquième show-room, le premier hors des frontières azuréennes. « Un point stratégique, indique son co-dirigeant Frédéric Armaroli, qui s'inscrit dans notre stratégie d'ouverture à l'international construite depuis la fin des années 2000 avec l'ouverture de nos deux filiales aux Etats-Unis et en Chine ». Soit 150 m² où les collections phares du fabricant et distributeur cannois de meubles d'extérieur haut de gamme sont présentées. Histoire d'être plus visible des prescripteurs (architectes ou décorateurs in et outdoor) afin de mieux se positionner sur les grands projets nationaux et - surtout - internationaux, dont une majorité concerne le marché de l'hôtellerie. « C'est une de nos cibles privilégiées, explique le dirigeant. Le secteur accorde de plus en plus d'importance aux extérieurs et présente un taux de renouvellement du mobilier rapide, de moins de cinq ans ».
L'export comme relais de croissance
Référencée ACCOR, la marque azuréenne équipe déjà les terrasses de grands hôtels parisiens comme le Mariott ou le Peninsula. Et s'attelle actuellement à rénover celle du Fouquet's Paris, après avoir achevé les extérieurs du Gray d'Albion (Cannes). À l'international, on retrouve sa patte en Azerbaïdjan (Gebele Hôtel Chenot), en Suisse (Hôtel Kempiski) ou encore en Allemagne (Schlosshotel Grunewald), pour ne citer que ses dernières réalisations. « C'est là que se nichent nos relais de croissance », reprend le dirigeant, dont la marque est présente dans 200 points de vente en Europe. Elle y réalise 60% de son chiffre d'affaires (dont 35% en France) qui s'est établit à 14 millions d'euros en 2016. Le grand export, lui, représente 40% de ses facturations, dont 10% en Asie, une activité encore embryonnaire mais appelée à croître significativement au regard du potentiel marché.
Une entreprise de nouveau bénéficiaire
Ces ambitions éloignent un peu plus Sifas de l'épisode douloureux mais nécessaire qui a conduit la PME familiale cinquantenaire à se mettre sous procédure de sauvegarde en 2010 avant d'initier un plan de continuation de dix ans. En cause, la chute drastique du marché européen qui a lourdement impacté le fabricant, celui-ci ayant perdu en seulement deux ans la moitié de son chiffre d'affaires. « Or dans notre métier, les capitaux sont impératifs, ne serait-ce que pour constituer le stock ». Depuis, la marque, qui emploie une quarantaine de personnes, remonte la pente. « On a structuré l'entreprise, renouvelé à 90% le catalogue, repensé les collections dans une démarche d'éco-conception et réorienté nos marchés », détaille Frédéric Armaroli. Un travail qui porte aujourd'hui ses fruits. « L'entreprise est redevenue bénéficiaire ». Et vise désormais un rythme de croissance de 10% par an de son chiffre d'affaires.