C'est un projet lourd à mener pour l'entreprise. Jean-Luc Benard, directeur de SIE, société havraise spécialisée dans la réparation de moteurs électriques, notamment Atex dont il détient le plus gros stock de France, cherche à améliorer son banc d'essai afin d'en récupérer l'énergie et la réinjecter dans son réseau. Entre 150.000 et 300.000 euros sont nécessaires pour mener à bien ce projet, pour lequel le directeur de SIE aurait souhaité trouver un peu d'aide : « On nous dit toujours qu'il faut innover. Mais, comme nous sommes rattachés à un groupe important, Fouré Lagadec, nous n'avons pas le droit aux primes pour l'innovation. C'est un peu agaçant ». Rattachée au groupe Fouré Lagadec depuis sa création en 1970, la société SIE est en pleine progression avec un chiffre d'affaires en augmentation de 25 % pour l'année 2011 et de 20 % en 2012, s'établissant à 7,6 millions d'euros. « Un chiffre dont le montant a doublé en quatre ans ! », précise Jena-Luc Benard. Une bonne santé complétée en 2012 par l'ouverture d'une agence à Lyon avec un atelier de réparation technique et un stock de moteurs destiné, notamment, à l'industrie pétrochimique.
Améliorer le banc d'essai
« Nous positionnons le moteur client a tester sur le banc d'essai avec la tension qui correspond. Nous avons déjà démarré des moteurs de 5.000 Kw/h ! Cela permet de vérifier les vibrations, l'échauffement. Nous avons également la possibilité d'effectuer des essais à pleine charge ». L'idée de Jean-Luc Benard et son équipe est de remplacer la génératrice existante par un moteur plus un variateur électronique, afin que le moteur devienne générateur. « L'énergie sera ainsi récupérée par l'électronique et réinjectée dans le réseau. L'électronique servira de filtre et l'énergie sera couplée au réseau interne de l'entreprise ». Alors que des tests concluants ont déjà été effectués avec des basses puissances, reste à l'entreprise à réaliser les tests hautes puissances. « Notre problème, c'est qu'aujourd'hui on ne trouve pas de partenaires en local pour nous aider dans cette démarche. Personne n'est capable de nous dire comment peut se comporter la machine à haute puissance. C'est un problème d'électrotechnique pointu. Mais, en théorie, nous sommes sûrs que ça marche ! ». Déçu de ne pas trouver l'aide adéquate en local, Jean-Luc Benard va devoir investir seul dans sa démarche d'innovation : « C'est pour cela que nous sommes obligés d'attendre car l'investissement est lourd pour nos seules épaules. Mais, avec un tel système, nous serons capables d'essayer des moteurs de 800 kVA : les clients seront forcément intéressés, que ce soient les nôtres mais aussi une nouvelle clientèle », prévoit le dirigeant.
Sébastien Colle
www.sie.fr
Énergie. Jean-Luc Benard, directeur de SIE, spécialiste de la réparation de moteurs électriques, perfectionne son banc d'essai pour récupérer l'énergie produite.