Le groupe parisien Rebirth accélère dans la Manche. Connue pour fabriquer des vélos principalement à assistance électrique sous huit marques, l’entreprise parisienne va injecter 7,8 millions d’euros dans son usine historique de Saint-Lô (36 salariés) où sont notamment conçus les modèles Solex, Matra, Easybike et Lejeune.
Ligne de fabrication suspendue
"Cela fait dix ans qu’on investit sur le site", explique Grégory Trebaol, PDG et fondateur il y a 20 ans de la société, d’abord lancée sous le nom d’Easybike, puis devenue Rebirth en 2022 après être sortie d’un redressement judiciaire. Concrètement, les 6 000 m² actuels auront droit, en leur sein, à l’installation d’un atelier de fabrication de cadres en carbone pour des vélos de course très haut de gamme. Composé de salles blanches, sur une surface de 500 m², il devrait produire entre 800 et 1 000 exemplaires par an.
Le reste de l’usine va avoir droit un sérieux coup de frais puisqu’elle est appelée à devenir "une usine 4.0 en changeant la manière de concevoir les vélos avec moins de pénibilité et plus de productivité", explique le dirigeant. Une ligne de fabrication suspendue (et plus au sol) évitera à l’opérateur de porter les bicyclettes grâce à un bras mécanisé. Les méthodes d’assemblage seront digitalisées et les employés pourront contrôler au fur et à mesure les éléments qualité "afin de produire plus rapidement et plus sereinement".
L’État participe à l’investissement
Dans cette "usine 4.0", l’objectif consiste également à mettre en place un approvisionnement plus responsable. "Aujourd’hui, on veut s’approvisionner en France et proche Europe pour compenser les importations Asie", souligne Grégory Trebaol, tout aussi soucieux de perfectionner la recyclabilité de ses produits. Ce vaste plan d’action, lauréat de l’appel à projets "industrie du vélo" dans le cadre de France 2030, aura droit à un important coup de pouce de l’État qui participera à hauteur de 28 % sur le montant de l’investissement. Le début des travaux est prévu pour début 2026. Tout devrait être opérationnel fin 2027 sans agrandir, ni toucher au bâtiment.
Forte croissance externe
Cette spectaculaire opération s’inscrit dans un contexte de fort développement pour le groupe Rebirth qui a produit environ 65 000 de vélos cette année et a réalisé 75 millions d’euros de chiffre d’affaires en 2024, porté par une forte croissance externe. Et ce, en dépit d’un marché global du neuf en baisse après le boom des années post-Covid.
En juin 2025, l’entreprise a pris une petite participation chez Roold, spécialiste breton de la "refabrication de vélos" qui devient "la marque de référence du groupe" pour la seconde vie des deux-roues. L’an dernier, l’entreprise a racheté Cycleurope, intégrant une seconde usine à Romilly-sur-Seine (Aube), les légendaires marques Gitane et Peugeot Cycles à son portefeuille et les 105 magasins Velo & Oxygen pour se constituer un solide réseau de distribution.
Et ce n’est pas fini. En novembre, Rebirth devrait acquérir 80 % du capital de Cowboy, une société belge de vélos connectés. Avec cet achat, la société, qui a récemment remporté les appels d’offres de La Poste pour fournir 4 000 modèles cargos et 5 000 exemplaires à destination des facteurs, devrait compter environ 400 salariés.