«On veut faire de Lyon une ville internationale et dans un même temps, les bars n'ont pas l'autorisation d'ouvrir au-delà d'1h du matin. Il y a un problème.» Voilà près de 20 ans que Dominique Lafoy (dirigeant du Q Boat à Lyon et de l'Oxxo à Villeurbanne) évolue dans le milieu de la nuit. Il se fait aujourd'hui le représentant d'une population qui entend participer au développement économique de la ville de Lyon. À condition qu'on les laisse travailler en vrais professionnels. Aucun mal alors à réunir une trentaine de dirigeants des établissements lyonnais qui ont pignon sur rue. Ils viennent de monter un collectif, Sauvez la nuit, soutenu par la CCI de Lyon, le Medef et la CGPME. «Nous représentons 3.000 emplois directs, rien que sur Lyon, avance le président, sans parler des emplois induits dans l'imprimerie, le nettoyage, la sécurité...»
Uniformisationde la réglementation
Les statuts de cette nouvelle association ont été déposés début 2010 et les premières actions sont enclenchées. «Une lettre ouverte aux élus sera prochainement envoyée pour mettre l'accent sur deux axes: l'uniformisation de la réglementation par rapport aux détenteurs de licences IV qui régulent la vente d'alcool, et la reconnaissance de notre métier en tant qu'entreprise à part entière.» Les investissements pour l'insonorisation des bâtiments ou encore en personnel pour assurer la sécurité des fêtards sont lourds. Les dirigeants demandent ainsi de pouvoir travailler en concertation avec les pouvoirs publics, les forces de l'ordre et même les associations de riverains et d'étudiants. Ils évoquent aussi la tenue d'états généraux pour réfléchir au devenir de Lyon la nuit. «Que ferait la ville si nous décidions, lors de la Fête des Lumières ou au moment des Nuits sonores, lorsque des dérogations d'ouverture tardive sont accordées, de fermer nos établissements?», alerte Dominique Lafoy. Davantage dans la concertation que dans la polémique, les chefs d'entreprise tirent les premiers signaux d'alarme. L'attractivité du jour passe aussi par une vie nocturne riche.
- Renseignements auprès du secrétaire de l'association: Thierry Lahon, @email
Une trentaine de dirigeants d'établissements de la nuit veulent faire entendre leur voix quant au développement économique dela ville.