C’est une campagne de pêche à l’organisation unique, celle des coquilles Saint-Jacques de la baie de Saint-Brieuc, qui a été lancée début octobre. Le premier jour, les captures se sont élevées à 147 tonnes. Les coquilles se sont vendues à un prix de 2,59 euros par kilo, en hausse par rapport au prix moyen de 2,27 euros pour la campagne 2023 - 2024.
Elle est d’abord unique en matière environnementale, car les campagnes sont très encadrées : la majorité du temps, la pêche n’est autorisée que les lundi et mercredi pendant 45 minutes, d’octobre à avril. Les prises quotidiennes, d’une taille minimum, ne doivent pas dépasser 1,25 tonne.
Et unique en matière économique puisqu’elle associe une organisation professionnelle de pêcheurs, Cobrenord, et une entreprise agroalimentaire, le Groupe Le Graët, dans une entreprise commune qui commercialise et valorise la Saint-Jacques.
Une filière vertueuse
"Cette filière est vertueuse car elle est durable d’un point des niveaux de prélèvement de la biomasse, avec une évaluation de la ressource réalisée par Ifremer (institut de recherche français dédié à la connaissance de la mer) pour trois ans, et une maîtrise de l’effort de pêche des bateaux. Elle est aussi vertueuse car elle est efficiente avec de la création de valeur ajoutée économique, gage de non-surexploitation de la ressource et donc de durabilité", assure Damien Venzat, directeur général de Cobrenord.
Au sommet de l’organisation, se trouve la holding Fipêche, basée à Guingamp (Côtes-d’Armor), qui appartient à 51 % au Groupe Le Graët et à 49 % à Cobrenord (qui regroupe 200 bateaux adhérents pêchant près de 70 % des coquilles chaque année).
Des travaux en cours de 4 millions d’euros
Fipêche possède une usine de transformation, Celtarmor (18 M€ de CA en 2023, 38 ETP), située à Saint-Quay-Portrieux (Côtes-d’Armor) et dirigée par Xavier Menguy. Construite en 1995, elle a fait l’objet d’extensions en 2004 et depuis 2022. Ces derniers travaux, en cours, consistent en l’installation d’une deuxième ligne de conditionnement, pour un investissement de 4 millions d’euros. 4 000 tonnes de coquilles sont traitées en moyenne dans l’outil. Fipêche comprend aussi Pêcheries d’Armorique, atelier de découpe et de transformation de poissons, céphalopodes et Saint-Jacques.
Pour les marques premium de la GMS
Toutes les coquilles doivent passer dans l’une des deux criées de Saint-Quay-Portrieux et Erquy pour être pesées et déclarées. Lors de la campagne 2023 -2024, 26 % des coquilles ont été transformées par les usines de Fipêche. 37 % ont été vendues en direct par les pêcheurs. Et 37 % ont été passés en vente aux enchères dans les deux criées.
Ces enchères sont décroissantes et Cobrenord place des ordres d’achat pour que le prix ne descende pas en dessous d’un prix de référence. S’il est atteint, Cobrenord devient propriétaire du lot et l’apporte à Celtarmor pour sa valorisation, principalement par la surgélation des noix par cryogénie. Il ne s’écoule, au maximum, que 10 heures entre la pêche et la vente des coquilles, et 48 h avant la surgélation (2/3 des produits) ou la mise en barquette pour une vente en frais. Direction les principales enseignes de la GMS (80 % du total), pour leurs marques distributeurs premium, et les grossistes.