Spécialiste de la fabrication de pièces plastiques pour l'automobile, l'ameublement, la Défense, ou encore l'agroalimentaire, RS Injection a décidé de passer le cap de la robotisation. La PME de neuf salariés, (1,2 M€ de chiffre d'affaires) a développé un partenariat avec l'entreprise spécialisée Serma, équipementier agroalimentaire, qui lui a construit sur-mesure sa nouvelle machine. Le montant de l'investissement n'a pas été révélé. « Nous faisions une pièce pour un client dans l'automobile : une simple broche. La fabrication était assez artisanale, semi-automatique », raconte Thierry Bourgoin, directeur de RS Injection. L'entreprise vend 200.000 de ces pièces par mois. « C'était un travail assez pénible pour les opératrices de vérifier ces petites pièces. Nous devions changer de personne toutes les 2 ou 3 heures sur ce poste. »
Former les sala
riés
Les dirigeants ont étudié la possibilité d'automatiser la tâche. La machine a été spécialement conçue pour le surmoulage, le contrôle et le conditionnement de la pièce et possède une caméra Haute Définition. « On a travaillé avec le client et Serma sur le cahier des charges. Au départ, il était assez succinct. Au fil du travail, on s'est aperçu de plein de choses à rajouter. Il y a ce que le client demande et ce qu'il veut en réalité. Il ne pense pas forcément à tous ces besoins. Cela à demander pas mal de réunion. De plus, on connaissait bien la pièce à réaliser, ça a aidé », explique Thierry Bourgoin. Au final, le dirigeant estime avoir réalisé un gros gain de productivité. « On peut désormais travailler en trois huit sur cette machine. On fournit également des pièces 100 % conformes au client, ce qui n'était pas le cas avant », ajoute le gérant. Mais le passage au robot ne s'est pas fait sans mal. « Il a fallu convaincre les salariés ! Leur expliquer que la machine ne leur prenait pas leur boulot. Au contraire, on a pu les former et les faire évoluer sur des tâches plus valorisantes », indique-t-il. L'entreprise a dû se réorganiser et aussi former les salariés à régler la machine. « Au départ, ils ne s'approchaient pas trop. Aujourd'hui, cela va mieux. Il a fallu quelques mois. » Au final, Thierry Bourgoin ne regrette pas ce choix. « Si je devais le refaire, je passerai peut-être par une analyse des problèmes qui peuvent intervenir, mais c'est tout. Quand on robotise, l'important c'est la définition du besoin et le choix d'un bon partenaire car on s'engage sur plusieurs mois de travail. Il faut aussi assumer de faire des choix techniques », estime-t-il.
RS Injection
(Saint-Martin-des-Champs) Directeur :Thierry Bourgoin 9 salariés 1,2 million d'euros de chiffre d'affaires 02 56 45 00 01