Soutenu par la forte progression de ses marchés historiques céréaliers, le port de Rouen affichait au 1er septembre une progression globale de +7,7% depuis janvier. Avec un peu plus de 2% de croissance de ses trafics en 2009, le Grand Port Maritime de Rouen (GPMR) avait fait figure d'OVNI dans un paysage portuaire français miné par la crise internationale. Les chiffres communiqués fin août laissent augurer une reprise encore plus forte, dopée par les trafics céréaliers, mais qui cette fois semble bénéficier également aux autres ports français.
«Aucune ligne n'a quitté Rouen»
Avec 7% de croissance sur le 1er semestre (7,7% au 1er septembre), le GPMR se place juste derrière laRochelle (+14%), lui aussi très impacté par les trafics céréaliers. Si Nantes-Saint-Nazaire (+4,8%) et Marseille (+6,2%) retrouvent des progressions positives, Dunkerque (-0,9%), Bordeaux (-4%) et LeHavre (-5%) peinent à retrouver l'équilibre, même si le GPMH affiche sur la même période une progression encourageante du trafic conteneurs de l'ordre de +5,5%. Côté rouennais, malgré un retrait persistant sur les marchandises diverses (farine) et le bois (arrêt des exportations de grumes depuis le Gabon), l'heure de l'après-crise semble avoir sonné. «Même si nous avons perdu des bateaux et des conteneurs, aucune ligne n'a quitté Rouen», rappelle Martin Butruille, le directeur commercial du GPMR. Mais au-delà, ce sont encore et toujours les céréales qui tirent la croissance des trafics avec +22% au 31juillet 2010. Une bonne récolte 2009/2010 et une parité euro-dollars favorable ont permis au port normand «de se retrouver en position de compétitivité sur un marché mondialisé».
1Mt de blé exportées depuis juin
Bonne nouvelle pour Rouen, ses clients traditionnels que sont l'Algérie et le Maroc continuent d'importer malgré de bonnes campagnes sur leurs sols, et l'Égypte, premier importateur mondial achète dorénavant «de manière significative en France», analyse Stéphane Ménard (Limagro), le président de la Bourse de Commerce de Rouen. Depuis juin, pas moins d'1Mt de blé ont été exportées depuis Rouen qui bénéficie des difficultés rencontrées par ses principaux concurrents de la zone de la Mer Noire, Russie en tête pour cause d'embargo sur les exportations et de stocks moins importants que prévus.
G.D.