Le spécialiste Belge de la construction d'ouvrage en acier, Victor Buyck steel construction, chargé de remettre en état le pont Mathilde à Rouen dans le cadre d'un groupement d'entreprise (avec Via France et Freyssinet), promet qu'il va tenir les délais de la remise en service prévue en août prochain. « Nous faisons en sorte que l'accident ne soit plus qu'un mauvais souvenir pour Rouen. On bosse à plein pot sur l'ouvrage Mathilde », déclare Mike Prost, directeur des travaux chez Victor Buyck. L'entreprise belge n'en est pas à son coup d'essai en Seine-Maritime. Après avoir participé à la construction du pont Flaubert, toujours à Rouen, il intervient également sur le chantier du viaduc de l'Austreberthe à Villers Ecalles, près de Barentin, pour les travaux de l'A150. Présent dans plusieurs pays d'Europe mais aussi en Amérique du Sud, au Qatar ou encore en Malaisie, Victor Buyck dispose d'impressionnantes capacités de production d'acier, lui permettant de sortir 30.000 tonnes par an sur son site belge et 10.000 tonnes par an en Malaisie. Le chantier du pont Mathilde semble alors d'importance relative pour l'entreprise puisqu'il s'agit pour Victor Buyck de réaliser un morceau neuf de « seulement » 300 tonnes.
Planning respecté
Des travaux qui avancent à grand pas, le planning imposé à l'entreprise belge ne supportant pas de retard, tant la situation routière de la capitale normande est devenue complexe depuis les déboires du pont Mathilde. Ainsi, les responsables du Département prévoient la livraison de la partie neuve, en construction chez Victor Buyck, pour le mois d'avril, afin que la travée endommagée puisse être reposée lors de la première quinzaine de juin. Et cela, malgré le retard pris par la barge censée déposer la travée mi-janvier, pour cause de chantier en Suède. La dépose de la travée a ainsi dû être décalée d'un mois mais Jean-Pierre Lucas, directeur général adjoint du Département de Seine-Maritime se veut rassurant : « Décaler d'un mois la dépose de la travée n'a pas d'incidence sur la remise en place. Le scénario a d'ailleurs évolué. Au début, nous n'envisagions d'utiliser qu'une seule barge pour effectuer la dépose et la repose de la travée endommagée. À présent, nous savons pouvoir compter sur deux barges ». Le responsable du Département avoue que le plus difficile est d'arriver à faire travailler l'ensemble des entreprises de concert: « La principale difficulté de l'opération est dans la coordination de l'ensemble des intervenants, pas sur la technique pure. Tout est dans la planification. Et, le respect des délais est plus important pour un ouvrage déjà existant que pour un ouvrage neuf car les usagers attendent ». Face à ces impératifs, Jean-Pierre Lucas promet : « Un pont remis en état à l'identique. L'ouvrage aura les mêmes qualités qu'avant le sinistre, il n'y aura pas de restrictions de circulation, ni de changements dans les accès » mais reconnaît que le sujet de la vitesse devra être étudié. « Notamment en renforçant la signalisation. Mais, la vitesse était déjà au plus bas possible, limitée à 30km/h, liée à la configuration particulière de la bretelle d'accès », précise Jean-Pierre Lucas.
Sébastien Colle
Le groupement d'entreprises se compose de trois sociétés. Victor Buyck, Freyssinet (préparation du chantier du pont et installation du chantier de Petit-Couronne ou auront lieu les travaux d'assemblages. Freyssinet a également décroché le second marché des travaux de maintenance du pont, pour un montant de 2 M€. De sont côté, Via France réalise les travaux d'étanchéité et d'enrobés du pont.
En réparation à Eeklo en Belgique, chez le spécialiste de l'acier Victor Buyck, le pont Mathilde de Rouen devrait être remis en service fin août 2014.