Un Président de la République né à Rouen, ayant vécu à Bois-Guillaume et même porté plus d'une fois les couleurs du FCR... L'anecdote méritait d'être soulignée. Le lien entre cet événement politique et la capitale normande aurait pu s'arrêter là si François Hollande n'avait décidé d'intégrer d'un seul et même coup à son équipe ministérielle le président de la Crea Laurent Fabius ainsi que le maire de Rouen Valérie Fourneyron. Un choix politique dans le premier cas et probablement plus technique dans le second qui ouvre la voie à un jeu de chaises musicales au sommet de ces deux grandes collectivités locales. Si les édiles en question parient sur les élections législatives à venir pour conserver leurs liens avec le territoire, la course à la succession n'en est pas moins lancée s'agissant de leurs mandats locaux. L'ancien Premier ministre n'a pas caché son souhait de voir le maire de Petit-Quevilly Frédéric Sanchez prendre son fauteuil à la Crea. Un match joué d'avance (?) pour celui qui devra sur la durée faire preuve d'habileté politique à défaut d'afficher l'autorité naturelle de son prédécesseur. À la mairie de Rouen, l'ancien maire Yvon Robert semble tenir la corde. Tout autre choix s'analyserait comme une volonté de rupture, de préparer le terrain à un éventuel successeur. Le retour aux affaires de l'ancien premier magistrat de la ville, au contraire, marque la volonté de Valérie Fourneyron de ne pas délaisser définitivement son fief. Quoi qu'il en soit, Yvon Robert s'engagerait pour un bail de deux ans, à moins que le scrutin municipal prévu en 2014 ne soit une fois encore décalé d'un an, comme ce fut le cas lors de la précédente mandature, pour éviter l'engorgement avec les cantonales et les européennes programmées la même année. Pas sûr en effet que la nouvelle majorité souhaite cumuler trois élections intermédiaires deux ans seulement après la présidentielle!
Guillaume Ducable @email
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