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À Rocles, la Ferme des Bisons d’Auvergne développe un modèle intégré avec 400 animaux
Auvergne Rhône-Alpes # Agriculture

À Rocles, la Ferme des Bisons d’Auvergne développe un modèle intégré avec 400 animaux

À Rocles, dans l’Allier, Matthieu et Christel Peron ont développé un élevage de près de 400 bisons sur une exploitation de 230 hectares. Partie de seulement 24 animaux, la Ferme des Bisons d’Auvergne maîtrise aujourd’hui une grande partie de sa chaîne de valeur, de l’élevage à l’abattage et à la transformation, jusqu’à la commercialisation en direct. L’exploitation emploie deux salariés à temps plein et une salariée partagée.

— Photo : Arnaud Guérin- Lithosphère - Calvados Attractivité

À Rocles, la Ferme des Bisons d'Auvergne a fait de la diversification agricole le cœur de son modèle économique. Ancien responsable marketing chez Massey Ferguson et ingénieur agronome, Matthieu Peron s'est installé en 2012, avant d'être rejoint dix ans plus tard par son épouse Christel, également ingénieure agronome.

Le choix du bison répond dès l'origine à une logique économique : développer une production suffisamment différenciante pour commercialiser directement la viande, réduire le nombre d'intermédiaires et conserver davantage de maîtrise sur les prix de vente, plutôt que de dépendre uniquement des cours agricoles.

De 24 à près de 400 bisons

Le projet, initialement envisagé sur 30 à 50 hectares dans le Puy-de-Dôme, a finalement trouvé son terrain dans l'Allier avec une exploitation de 230 hectares d'un seul tenant.

Le développement du cheptel est significatif. L'exploitation a démarré avec 24 bisons et en compte aujourd'hui près de 400, dont 110 femelles reproductrices. Les animaux sont exclusivement nourris à l'herbe et les fourrages nécessaires sont produits sur l'exploitation.

L'activité génère également de l'emploi. La ferme compte deux salariés à temps plein, dont un boucher affecté au laboratoire de découpe et un salarié chargé des animaux. Une troisième salariée est partagée avec l'élevage des Lamas du Tilloux via un groupement d'employeurs.

L’abattage et la transformation intégrés à la ferme

La stratégie économique repose surtout sur l'intégration progressive de la chaîne de valeur.

Après la fermeture de l'abattoir Sicaba de Bourbon-l'Archambault, l'exploitation a décidé de construire son propre abattoir paysan, présenté comme le deuxième de ce type en France. Les bisons peuvent ainsi être abattus directement sur l'exploitation avant transformation.

Cette organisation permet à l'entreprise de conserver une plus grande partie de la valeur créée par sa production et de limiter sa dépendance à des infrastructures extérieures.

La commercialisation est ensuite réalisée notamment en vente directe à la ferme ainsi qu'avec un food-truck présent sur les Marchés des producteurs de pays. Les burgers proposés associent la viande produite sur place à du pain artisanal, du fromage d'un producteur voisin et d'autres produits locaux.

Une filière française encore très réduite

Le positionnement reste celui d'un marché de niche. Matthieu Peron préside aujourd'hui l'Association des éleveurs de bisons de France, qui ne rassemble qu'une quinzaine de producteurs. L'un des enjeux est donc d'accroître la notoriété de la viande de bison auprès des consommateurs.

L'exploitation s'appuie également sur les réseaux Bienvenue à la ferme et Allier Bourbonnais Savoir-Faire pour développer sa visibilité et ses débouchés commerciaux.

Avec près de 400 animaux, la transformation sur place et la vente directe, la Ferme des Bisons d'Auvergne illustre ainsi une stratégie de diversification agricole fondée moins sur les volumes que sur l'intégration de la production et la maîtrise de la valeur ajoutée.

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