La Safer Provence-Alpes-Côte d'Azur a annoncé le 1er octobre une rentrée orientée vers les collectivités de la région. Cette société d'aménagement foncier et d'établissement rural se présente comme un partenaire des communes et des intercommunalités en matière foncière. Sa rentrée s'inscrit dans le sillage de l'adoption, cet été, d'une loi d'urgence agricole dont plusieurs mesures concernent les Safer.
Le cadre fixé par la loi du 18 août
La loi n° 2026-796 d'urgence pour la protection et la souveraineté agricoles a été promulguée le 18 août 2026. Elle a paru au Journal officiel le lendemain. Selon la Safer, le texte consolide ses moyens d'action et les protège davantage des contournements. L'organisme cite deux mesures.
La première concerne les baux emphytéotiques portant sur des biens agricoles. La Safer devra être informée de leur conclusion comme de leur cession. D'après le Code rural modifié par la loi, le notaire doit la prévenir au moins deux mois avant la date envisagée, à peine de nullité du contrat. La seconde permet à la Safer de préempter un bâtiment agricole jusqu'à dix ans après son changement de destination. La Safer affirme que ses équipes se sont préparées dès l'été à ces changements.
Quatre domaines d'action proposés aux élus
Son offre destinée aux élus se décline en quatre volets.
Le premier volet porte sur l'observation du territoire : diagnostics agricoles et fonciers conduits avec les chambres d'agriculture, et études des marchés fonciers. S'y ajoute un inventaire du patrimoine foncier des communes.
Le deuxième volet concerne la surveillance, avec l'outil Vigifoncier et une veille des transactions. Selon la Safer, les conventions d'intervention foncière qui encadrent cette veille couvrent aujourd'hui 790 des 946 communes de la région.
Le troisième volet vise l'aménagement et l'animation : appui aux stratégies d'intervention foncière des communes et des intercommunalités, installation et transmission d'exploitations. Il comprend aussi le soutien à des projets alimentaires territoriaux, les biens sans maître, des prospections et des négociations foncières.
Le quatrième volet accompagne les politiques publiques : planification régionale (Sraddet), sobriété foncière et lutte contre les détournements d'usage avec la Dreal, observatoire des friches avec le Cerema. Il couvre aussi la renaturation, la compensation environnementale et la Gemapi.
La transmission, priorité affichée
La Safer fait de la transmission des exploitations la priorité de sa rentrée. Selon elle, le renouvellement des générations agricoles s'accélère. Elle plaide pour un effort partagé en faveur des cédants, de l'arrivée de nouveaux exploitants et du maintien des terres en usage agricole.
Le président de la Safer Provence-Alpes-Côte d'Azur, Patrice Brun, souligne : « Préserver, transmettre et préparer l'avenir, c'est tout le sens de notre engagement pour cette rentrée, au plus près des territoires et de ceux qui les font vivre. »
Un calendrier de salons jusqu'au 15 octobre
La Safer sera présente aux Salons des Maires des Alpes-de-Haute-Provence le 8 octobre et du Var le 9 octobre. Les salons des Hautes-Alpes et des Alpes-Maritimes se tiendront le 15 octobre. Elle participera aussi à Med'Agri, du 13 au 15 octobre au parc des expositions d'Avignon. Selon la ville d'Avignon, ce salon professionnel biennal en est à sa cinquième édition.
Selon sa propre présentation, la Safer est une société anonyme sans but lucratif, investie de missions d'intérêt général. Elle agit sous la tutelle des ministères de l'Agriculture et des Finances, sur les six départements de la région Sud.