Onze jours après le déclenchement du mouvement « marée noire », qui a paralysé plusieurs ports méditerranéens à la mi-septembre, et à l'issue d'une réunion tenue avec les pêcheurs à Sète le 16 septembre, la Région Occitanie a précisé le 25 septembre les moyens financiers qu'elle engage en faveur de la pêche professionnelle. La collectivité indique avoir obtenu de l'État l'autorisation de mobiliser une enveloppe de fonds européens FEAMPA dont elle assure la gestion, afin de renforcer l'indemnisation des chalutiers contraints à l'arrêt. Une seconde enveloppe vise les pêcheurs en lagune. La présidente annonce par ailleurs le lancement d'un plan de résilience pour la filière régionale.
Un million d'euros de fonds européens en 2027
L'enveloppe régionale, proche d'un million d'euros, provient du Fonds européen pour les affaires maritimes, la pêche et l'aquaculture, dont la Région gère une partie. Elle doit majorer de 30 % les aides versées aux chalutiers pendant leurs périodes d'arrêt temporaire, à compter de 2027. Une seconde enveloppe, de 500 000 euros, vise les pêcheurs en lagune, confrontés cet été à des températures d'eau de 30 °C et à une baisse de la ressource, selon la collectivité. La Région indique travailler à un dispositif d'urgence pour la flottille chalutière, dont elle souligne l'encadrement européen.
Ces mesures s'ajoutent au dispositif d'État paru au Journal officiel du 27 septembre. Le décret du 26 septembre crée une aide à la trésorerie de 25 centimes par litre de carburant acheté entre le 1er juin et le 31 août, ouverte aux entreprises de pêche françaises. Pour la présidente de la Région, la bonification des aides FEAMPA donne aux armements la visibilité nécessaire pour continuer d'investir. Carole Delga justifie la démarche menée avec l'État et les Régions de France : « C'est une avancée très importante et une réponse attendue par les pêcheurs d'Occitanie. »
Deuxième flotte française, segment chalutier en recul
La pêche professionnelle d'Occitanie compte 625 navires et 902 marins-pêcheurs. Elle constitue la deuxième flotte française en nombre d'unités derrière la Bretagne, selon les données publiées en mars 2026 par la préfecture de région. Elle s'appuie sur 70 ports et points de débarquement répartis sur quatre départements littoraux, et représente 3 000 à 3 500 emplois directs et indirects, estimation datée de 2020. Le segment chalutier, visé par la bonification, reste minoritaire. L'Occitanie comptait, en effet, 38 chalutiers en 2023, après le plan de sortie de flotte conduit en 2022 et 2023.
Ces navires relèvent du plan européen WestMed, qui réduit l'effort de pêche démersale en Méditerranée occidentale. À cette contrainte réglementaire s'est ajoutée la hausse du gazole, déclenchant à la mi-septembre le blocage des ports de Sète, Frontignan, Agde, du Grau-du-Roi et de Nice. Les barrages ont été levés le 17 septembre, après l'engagement de la ministre déléguée chargée de la Mer et de la Pêche, Catherine Chabaud, d'indexer les aides carburant sur le cours du gazole pêche.
Un plan de résilience sans montant annoncé
La présidente de Région annonce enfin le lancement d'un plan de résilience pour la pêche régionale, sans en préciser le montant, le calendrier ni le périmètre. Il viendrait compléter le contrat de filière signé en septembre 2024 à Sète par l'État, la Région, le comité régional des pêches maritimes et des élevages marins (CRPMEM) d'Occitanie et le Cépralmar. Ce cadre réunit 41 partenaires autour de 130 projets, pour plus de 11 millions d'euros engagés depuis fin 2024. Le président du CRPMEM Occitanie, Bernard Pérez, rattachait cette feuille de route à un besoin d'anticipation, lors du point d'étape du 24 mars 2026 : « Imaginée dès 2021, la stratégie régionale pour la pêche professionnelle d'Occitanie a été coconstruite autour de 8 axes. »