Fabricant de pâtisseries, Rivazur Cakes (63 salariés, 18 M€ de CA) investit 6 millions d’euros dans une ligne de production automatisée, dont l’entrée en service est attendue pour le printemps 2026. Celle-ci viendra remplacer l’une des trois lignes de production de cette PME de Seiches-sur-le-Loir, celle dédiée aux mini-cakes individuels. Ce nouvel outil va multiplier par trois le tonnage horaire sur ce format de produits, et sera évolutif, avec des technologies supplémentaires (pour fourrer, enrober les produits, etc).
Il s’agit là du deuxième volet d’investissement après l’agrandissement des locaux. En 2020, des bureaux neufs ont vu le jour, sur une surface doublée. Puis une extension de 1 600 m2 du site a été livrée en avril 2023, permettant de doubler la capacité de stockage. La zone d’expédition est passée d’un à trois quais. Rivazur Cakes occupe désormais plus de 6 000 m2 de locaux. Quelque 2,5 millions d’euros avaient été injectés dans l’opération.
Des difficultés de répondre à la forte demande
Créé en 1953 dans les Yvelines, et installé en Anjou depuis 1981, le fabricant de pâtisseries moelleuses (par opposition aux biscuits secs) connaît une accélération de croissance ces dernières années. Il est passé d’un chiffre d’affaires de 13,6 millions d’euros en 2021, à 18 millions aujourd’hui et pense dépasser les 20 millions en 2025.
La priorité du moment est donc de mettre les moyens pour satisfaire la demande forte de ses clients. "Pour l’instant, nous ne parvenons pas à répondre à 100 % des demandes", expose le président Jean-Philippe Pasquier. L’entreprise cherche à recruter une douzaine de salariés supplémentaires. Pour cette réorganisation, la PME a également investi dans ses équipes, en créant en septembre 2023 un poste de directeur général et un poste en communication, et en structurant le service achat. "Jusqu’en juin dernier, c’est moi qui achetais les matières premières", témoigne le président.
Un nouvel objectif : faire rayonner la marque propre
Rivazur Cakes produit essentiellement les marques de distributeur (MDD) pour la grande distribution. Cela représente 90 % de son activité. Les 10 % restant sont réalisés par ses deux marques propres : Rivazur Cakes et Yam'. "Nous avons la volonté de redévelopper la marque Rivazur Cakes (créée à la fin des années 80) et de la faire rayonner", assure Jean-Philippe Pasquier. Celle-ci trouve sa place dans des hypermarchés du Grand Ouest (Intermarché, Système U, Carrefour, quelques Leclerc et Auchan). Lancée en 2018, Yam' concerne les produits de snacking et catering servis dans les transports (avions, trains, Relais H).
"Puisque nous produisions des MDD, nous ne connaissons pas bien nos consommateurs. En redéveloppant notre propre marque, nous avons ce besoin."
Pour se différencier des géants internationaux, le pâtissier fait valoir la qualité de ses produits sourcés et fabriqués localement (farine d’Ancenis, œufs de Vendée, etc.). Ses cakes se conservent longtemps, en gardant leurs saveurs : "Nos produits voyagent bien et le savoir-faire français est reconnu dans le monde", argumente Olivier Ripoche, le directeur général.
Si l’export ne représente qu’un pourcent du chiffre d’affaires, le déploiement international reste un objectif affirmé à un horizon de trois à cinq ans, une fois que les nouveaux outils de l’entreprise auront permis de répondre à la demande domestique.
Une boutique ouverte pour rencontrer les consommateurs
Parallèlement, Rivazur Cakes s’attache à tisser des liens localement. L’été dernier, elle a aménagé une boutique sur son site de production. "Puisque nous produisions des MDD, nous ne connaissons pas bien nos consommateurs. En redéveloppant notre propre marque, nous avons ce besoin", explique Olivier Ripoche.
"Par ailleurs, l’industrie agroalimentaire étant souvent montrée du doigt, nous ouvrons nos portes, pour que les gens voient comment nous fabriquons nos cakes. Nous voulons faire preuve de transparence", ajoute le dirigeant. Enfin, derrière ce travail sur l’image se joue aussi l’enjeu de l’attractivité pour les besoins de recrutement.