Réséda anticipe plusieurs dizaines de millions d’euros d’investissement pour moderniser son réseau
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Réséda anticipe plusieurs dizaines de millions d’euros d’investissement pour moderniser son réseau

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Le gestionnaire de réseau de distribution électrique de Metz, la société Réséda vient d’investir 18 millions dans un nouveau poste source. Et veut accélérer sur un programme de refonte totale de ses installations, pour répondre à l’augmentation de la consommation d’électricité.

Jean-Michel Fischbach est le directeur général de Réséda — Photo : Jean-François Michel

Pour le directeur général de Réséda, Jean-Michel Fischbach, l’enjeu est d’accompagner la "deuxième électrification" de la France. "Les projections de RTE, le gestionnaire du réseau électrique français, montrent qu’il faudra investir chaque année jusqu’en 2040, tous acteurs confondus, 10 milliards d’euros dans les énergies renouvelables, 10 milliards d’euros dans le nouveau nucléaire et 10 milliards d’euros dans le réseau électrique", déroule le directeur général du gestionnaire de réseau de distribution électrique de Metz. Un effort comparable à celui soutenu lors de la première électrification de la France, lancée en 1946 après la création d’EDF.

Ramener la tension électrique de 63 000 à 17 500 Volts

À son échelle, soit la métropole de Metz et 141 communes environnantes, le dirigeant de Réséda vient de terminer un chantier de 18 millions d’euros, visant à installer sur le site de Pontiffroy, à Metz, un nouveau poste source, soit un ouvrage électrique permettant de relier le réseau public de transport d’électricité, où circule de la haute tension, au réseau public de distribution d’électricité, dans lequel passe de la moyenne tension.

Concrètement, le nouveau poste source se présente comme un bâtiment de 2 400 m2 abritant trois transformateurs de 40 tonnes chacun, capable d’abaisser la tension électrique de 63 000 Volts à 17 500 Volts, pour ensuite distribuer l’électricité à 20 000 clients raccordés à ce poste, sur un total de 190 000 points de livraison couverts par Réséda. Au cœur du bâtiment, une salle abrite le "cerveau" de l’installation, soit des serveurs capables de gérer les disjoncteurs de l’installation, de mesurer les tensions et d’assurer la livraison de l’électricité sans coupure.

Un transformateur neuf coûte 800 000 euros contre 400 000 euros il y a une dizaine d’années — Photo : Jean-François Michel

Un plan d’investissement prêt pour le 1er semestre 2026

Filiale à 100 % du groupe UEM (CA : 712 M€), Réséda réalise 80 millions d’euros de chiffre d’affaires par an, avec 220 salariés, en facturant les coûts d’acheminement aux fournisseurs d’électricité. L’année dernière, la société a investi un total de 29 millions d’euros pour renouveler son réseau et les équipements permettant de distribuer l’électricité.

"Dans les années à venir, nous allons monter à 30 voire 35 millions d’euros par an", anticipe Jean-Michel Fischbach. Déjà lancé dans un plan visant à accompagner l’augmentation de la consommation électrique liée à la transition énergétique et à l’électrification des usages, Réséda veut désormais aller encore plus vite : "Nous avons trois ingénieurs mobilisés sur le sujet. D’ici le premier semestre de l’année prochaine, nous saurons exactement combien nous allons investir, dans quelle partie de notre réseau", précise le directeur général.

Changer pour s’adapter aux nouveaux usages

Exploitant un total de dix postes sources, les équipes de Réséda en ont déjà remplacé quatre. "La roadmap est pleine", confirme Jean-Michel Fischbach. Après celui de Metz-Pontiffroy, le calendrier des travaux prévoit de travailler sur celui de Woippy, de l’Hôtel des postes ou encore d’Ennery.

À chaque fois, le constat est le même : "Le renouvellement devient nécessaire, parce que même avec un équipement bien entretenu, nous sommes allés au bout de ce qu’il était possible de demander à ces ouvrages".

"Auparavant, le réseau était descendant. Avec quelques très gros producteurs, soit les centrales nucléaires, puis le réseau descendait vers les consommateurs. Aujourd’hui, le maillage est devenu très complexe"

Concrètement, le vieux poste du Pontiffroy a été mis en service en 1971, pour une puissance de coupe-circuit de 20 000 ampères. Avec 31 000 ampères, le nouveau poste pourra accueillir plus de clients. Et sera aussi capable d’encaisser les variations de tensions dues au développement des énergies renouvelables, notamment le photovoltaïque. "Le changement de paradigme est complet, pointe le directeur général de Réséda. Auparavant, le réseau était descendant. Avec quelques très gros producteurs, soit les centrales nucléaires, puis le réseau descendait vers les consommateurs. Aujourd’hui, le maillage est devenu très complexe, le réseau est disséminé, en production comme en consommation."

Le nouveau poste source permet d’acheminer l’électricité vers 20 000 points de consommation — Photo : Jean-François Michel

Le défi de la ressource humaine

Un défi technique mais aussi humain auquel se prépare Jean-Michel Fischbach. "En six ans, nous sommes passés de 180 à 220 agents chez Réséda", souligne le directeur général, qui multiplie les contacts avec les organismes de formation de la région pour continuer à recruter à ce rythme.

8 000

À l’échelle de l’ensemble de la filière française, les données sont connues : "La filière embauche 4 000 personnes par an, rappelle le dirigeant. Demain, avec 10 milliards d’investissement dans le réseau, il faudra embaucher 8 000 personnes par an. Ce qui équivaut à assécher totalement les filières de formation d’électricien en France".

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